Eclairage
 16.04.2018, 16:00

Eclairage: le canton de Berne, ce pivot du bilinguisme

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Bernhard Pulver, futur ex-conseiller d'Etat bernois (à gauche), avec le ministre jurassien Charles Juillard et l'ancien président de l'Assemblée interjurassienne, Dick Marty.

 16.04.2018, 16:00 Eclairage: le canton de Berne, ce pivot du bilinguisme

Politique Nos journalistes mettent en perspective des sujets d'actualité régionale, nationale ou internationale avec des analyses ou des éclairages. Aujourd'hui, Stéphane Devaux se penche sur le rôle du canton de Berne, véritable pivot entre les mondes francophone et germanophone.

Quel que soit son poids démographique, le Jura bernois a droit à un des sept sièges au Conseil exécutif, le gouvernement cantonal du deuxième plus grand Etat de la Confédération.

Et ce n’est pas sur la base d’une vague promesse, puisque c’est la loi fondamentale du canton, la Constitution, qui le lui garantit. Mieux, une subtilité unique en Suisse, appelée «moyenne géométrique» confère aux suffrages de la minorité francophone un poids particulier, ce qui signifie que «le Welsche» du collège est vraiment celui que les citoyens de Tramelan, Saint-Imier ou La Neuveville considèrent comme le plus apte à les représenter sur les bords de l’Aar.

Géométrie variable

Ces artifices ne dispensent pas pour autant les autres membres du gouvernement de se préoccuper du sort du Jura bernois. Une préoccupation dont on dira, pour rester diplomate, qu’elle est «à géométrie variable».

Dans cette optique, le départ prochain du Vert Bernhard Pulver, qui quitte le Conseil exécutif après 12 ans d’une intense activité, risque de priver l’espace Bejune d’un soutien qui ne s’est pratiquement jamais démenti. Au point que certains – mauvaises langues ou esprits lucides? – estimaient que, lors de discussions interjurassiennes parfois tendues, les francophones du canton de Berne étaient souvent mieux entendus – et mieux défendus – par ce dernier que par le ministre issu des vallées du Jura méridional.

Maîtrise du français

En tant que conseiller d’Etat en charge de l’Instruction publique et de la culture, Bernhard Pulver, en tout cas, s’est toujours engagé avec sérieux et intelligence sur les dossiers concernant le monde francophone, que ce soit à l’intérieur de son propre canton ou dans le cadre intercantonal Bejune, en faveur de la Haute Ecole Arc ou de la Haute Ecole pédagogique, par exemple.

L’homme aime le monde francophone, il en maîtrise parfaitement la langue, goûte à sa culture et en comprend l’esprit. Il sait combien le rôle de ce canton de Berne bilingue (par qui la Confédération, alors purement germanique, s’est mise à parler aussi le français) est essentiel pour le raffermissement de la cohésion nationale.

Bernhard Pulver s’en va. Si seulement il pouvait laisser, quelque part dans le bureau qu’il aura vidé, un peu de cet état d’esprit. En français d’un côté de la feuille, uf dütsch uf de anderi Siite. Pour que tout le monde comprenne...


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