13.01.2018, 00:01

Berne invité à ouvrir sa bourse

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Les représentants des cantons de Suisse occidentale, de gauche à droite: Laurent Favre (NE), Luc Barthassat (GE), Barbara Egger-Jenzer (BE), Jacques Melly (VS), Nuria Gorrite (VD), Jean-François Steiert (FR), et David Eray (JU). Ils ont défendu leur vision de l’infrastructure ferroviaire, hier.

 13.01.2018, 00:01 Berne invité à ouvrir sa bourse

RAIL Les sept cantons de Suisse occidentale ont parlé d’une seule voix, hier, pour défendre leurs revendications ferroviaires respectives.

Quand sept ministres de sept cantons différents parlent d’une seule voix, cela a du poids. Les conseillers d’Etat en charge des transports des cantons de Berne, Fribourg, Vaud, Valais, Neuchâtel, Genève et Jura, membres de la Conférence des transports de Suisse occidentale (CTSO), se sont adressés conjointement à la presse, hier, pour défendre leurs revendications relatives à l’infrastructure ferroviaire.

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Quand sept ministres de sept cantons différents parlent d’une seule voix, cela a du poids. Les conseillers d’Etat en charge des transports des cantons de Berne, Fribourg, Vaud, Valais, Neuchâtel, Genève et Jura, membres de la Conférence des transports de Suisse occidentale (CTSO), se sont adressés conjointement à la presse, hier, pour défendre leurs revendications relatives à l’infrastructure ferroviaire.

Ce qu’ils veulent: intégrer neuf projets supplémentaires dans la prochaine étape d’aménagement ferroviaire 2030-2035 envoyée en consultation par le Conseil fédéral. Cela comprend notamment le doublement de la voie du tunnel du Lötschberg et la construction d’une ligne directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds.

Entre 12 et 13 milliards

Cet objectif implique une augmentation de l’enveloppe financière proposée, mais la CTSO est confiante: elle représente les intérêts de plus de 40% de la Suisse. «La politique, c’est du donnant-donnant», rappelle le conseiller d’Etat fribourgeois Jean-François Steiert. «Nous disposons d’un bon levier de départ.» Le gouvernement a envoyé deux variantes en consultation jusqu’au 15 janvier. L’une à 7 milliards, l’autre à 11,5 milliards de francs. Il est déjà clair que la version minimaliste n’a aucune chance. Au niveau national, la Conférence des directeurs cantonaux des transports publics estime à au moins 12 milliards de francs les besoins d’investissement. Pour la CTSO, cela peut suffire à condition de faire des économies dans d’autres projets. A défaut, elle demandera au parlement de porter l’enveloppe à 13 milliards de francs. «Le fonds ferroviaire dispose des moyens nécessaires», assure le Valaisan Jacques Melly, président de la CTSO.

Le projet du Conseil fédéral a notamment pour but d’introduire la cadence à la demi-heure sur l’ensemble du réseau et de nouvelles cadences au quart d’heure dans les agglomérations. La CTSO appuie cet objectif, mais elle regrette que le projet ne prenne pas en considération la totalité des projets clés présentés par la Suisse occidentale.

En termes financiers, le plus important est celui du doublement du tunnel du Lötschberg. «Il s’agit d’équiper les 14 km de tunnel déjà percés», explique Jacques Melly. «Cela coûtera 900 millions de francs. A défaut, nous ne pourrons pas passer à la cadence à la demi-heure, contrairement au reste du réseau.»

Neuchâtel pas en reste

De son côté, le Neuchâtelois Laurent Favre plaide pour une ligne directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds alors que l’Office fédéral des transports ne propose que d’améliorer la ligne existante. «Cela permettrait de dynamiser les transports publics dans le canton tout en résorbant le goulet d’étranglement de Vauseyon sur la ligne du Pied-du-Jura», rappelle le conseiller d’Etat. «La population neuchâteloise a accepté il y a deux ans un cofinancement de 110 millions de francs. Idéalement, nous avons besoin d’un financement complémentaire de 200 millions.»

Les attentes de Fribourg sont plus modestes. «La population a considérablement augmenté au cours de ces dernières années et nous avons un besoin de rattrapage en matière de transports publics», note Jean-François Steiert. «On peut introduire une offre cadencée au quart d’heure dans l’agglomération de Fribourg avec 20 millions de francs. Il s’agit aussi de renforcer l’offre sur les trajets pendulaires vers Berne et Lausanne.»

Fin de la procédure

Les autres représentants de la CTSO ne sont pas non plus en mal de projets supplémentaires. Vaud veut renforcer l’offre RER dans la Broye, Genève introduire la cadence au quart d’heure sur la ligne Genève-Vernier-La Plaine, le Jura réclame de rétablir de la liaison directe entre Bâle et l’Arc lémanique via la région jurassienne, et Berne s’associe aux revendications valaisannes sur le Lötschberg.

La procédure de consultation, qui arrive à son terme, met d’ailleurs en évidence un large soutien pour le Lötschberg. Outre les cantons concernés et l’Union des transports publics, tant l’UDC que le PDC, le PS, les Verts et les Vert’libéraux demandent que l’équipement complet du second tube soit inclus dans le paquet. Par contre, les CFF soutiennent la position du Conseil fédéral qui n’estime pas ce projet prioritaire.


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