13.10.2017, 00:01  

«Je vais dans la bonne direction»

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L’attaquant jurassien bernois du HC Lugano est revenu de Caroline du Nord plus déterminé encore à assouvir ses rêves de NHL.

 13.10.2017, 00:01   «Je vais dans la bonne direction»

Par Laurent Kleisl

HOCKEY SUR GLACE - Grégory Hofmann revient sur ses 12 jours passés avec les Hurricanes.

La NHL, à la fois si proche et si lointaine. Grégory Hofmann a sommairement goûté au hockey business à la sauce nord-américaine entre le 11 et le 23 septembre.

Après deux rondes de championnat avec le HC Lugano, l’attaquant jurassien bernois de 24 ans s’est envolé pour Raleigh, fief des...

La NHL, à la fois si proche et si lointaine. Grégory Hofmann a sommairement goûté au hockey business à la sauce nord-américaine entre le 11 et le 23 septembre.

Après deux rondes de championnat avec le HC Lugano, l’attaquant jurassien bernois de 24 ans s’est envolé pour Raleigh, fief des Carolina Hurricanes, la franchise qui l’a repêché en 2011 (103e position). «J’y ai passé 12 jours», dit-il. «C’est spécial de côtoyer des joueurs établis en NHL dans leur vestiaire. Ce fut une superbe expérience.»

En 2011, l’année de sa draft, les Hurricanes l’avaient déjà convié à leurs activités estivales. Camp de développement en juillet, camp des recrues fin août puis, cerise sur le gâteau, cinq petits jours au camp principal sans toutefois disputé le moindre match avec le cadre de NHL. Il n’avait que 18 ans.

Cette fois, Hofmann a eu droit à de l’action en rencontres de préparation. Un peu plus de 13 minutes de jeu le 18 septembre contre les Buffalo Sabres, 12’05 deux jours plus tard face au Lightning de Tampa Bay, le Luganais a pu se montrer. Juste un peu... «J’avais déjà connu des matches interéquipe au camp des ‘rookies’, mais c’était la première fois que je jouais avec la formation de NHL. J’ai reçu un rôle défensif, en troisième ou quatrième ligne, quelque chose de bien différent de ce que je connais en Suisse. Je ne m’attendais pas non plus à jouer dans le premier trio, mais j’ai dû m’adapter à un contexte qui n’était peut-être pas le meilleur pour moi.»

Son adaptation n’a pas été suffisante pour convaincre. Le légendaire Ron Francis, manager général des «Canes», l’entraîneur Bill Peters et son assistant Rod Brind’Amour, un autre mythe de NHL, ont convoqué Hofmann avant son retour en Suisse.

Le refus de Lugano

«Ils ont apprécié ma vitesse, mon tir et ma vision du jeu», reprend-il. «Ils voulaient également connaître ma situation contractuelle. Leur souhait était de m’envoyer en AHL pour, selon eux, me rappeler en NHL en cours de saison.» Il ajoute: «Sur le coup, quand j’ai été renvoyé, c’était une petite déception. J’avais rejoint les Hurricanes avec l’idée d’y rester.»

Lié au HC Lugano jusqu’en 2019 par un lucratif contrat, Hofmann connaissait les règles avant même de traverser l’Atlantique. Une discussion avec les dirigeants «bianconeri» a définitivement clarifié sa situation. «Si j’étais envoyé en AHL, Lugano refusait de me laisser partir. C’était entendu avant que je parte pour la Caroline du Nord», précise-t-il.

Plusieurs chemins, mais pas tous, mènent à la NHL. Contraint par son employeur tessinois, Hofmann arpente la voie suisse. «Je dois être performant en LNA et être retenu en équipe de Suisse pour les Jeux olympiques et les Mondiaux. Ron Francis m’a dit que je serai suivi en Europe.» Pour percer en NHL, des ajustements sont nécessaires. Hofmann doit se repenser, modifier sa pratique coutumière du hockey. Il en a pleinement conscience.

Avec le gros de la troupe évoluant en NHL, il sent surtout une différence d’acclimatation. «Ce n’est pas une question de talent pur, de vitesse ou de technique, mais de timing, d’habitude des petites surfaces de glace», assure-t-il. «Là-bas, les décisions doivent être prises plus vite, on doit savoir ce qu’on va faire avec le puck avant de le recevoir. Il faut penser avec un coup d’avance, le tout sans se stresser inutilement. C’est ce que je dois encore travailler.»

«Se casser les dents»

En 2019, au terme de l’entente qui l’unit au HC Lugano, Hofmann s’imagine bifurquer par les ligues mineures. Les poches bien pleines des deniers luganais, il survivra économiquement dans les obscures et peu rémunératrices succursales de la NHL. «C’est vrai, je peux me le permettre, mais je ne me projette pas aussi loin», coupe-t-il. «Je n’ai pas encore 25 ans, je vais dans la bonne direction même si je n’ai plus dix ans devant moi pour accéder à la NHL. Pour y parvenir, il faudra que j’aille me casser les dents en AHL, que je me fasse violence.»

Depuis son retour en Suisse, Hofmann a enfilé sept buts et offert deux passes décisives en cinq matches avec Lugano. Peut-être le début du long chemin qui mène à la plus prestigieuse ligue de la planète.

«C’est aussi une question de chance»

La NHL est une jungle, mais l’évolution du hockey nous apprend que forcer sa porte est un exploit accessible à de plus en plus de ressortissants helvétiques – 13 cette saison.

«Là-bas, quand on arrive en camp d’entraînement, on n’est personne, on ne regarde pas les noms. Il faut juste être performant», souligne Grégory Hofmann. «Le hockey, c’est un énorme business en Amérique du Nord. Les décisions sont parfois politiques. Pour percer, c’est aussi une question de chance. Il faut se retrouver au bon endroit au bon moment.» Il est dans le vrai, Greg.

Aux Carolina Hurricanes, franchise en reconstruction qui reste sur huit saisons vierges de play-off, Hofmann pourrait avoir l’ouverture que son coéquipier luganais Julien Vauclair n’a jamais eue. Entre 2001 et 2004, le défenseur ajoulot d’aujourd’hui 38 ans a disputé 236 matches en AHL pour une seule toute petite rencontre en NHL avec les Ottawa Senators, sur la glace du Canadien de Montréal.

Alex Reinhard encensé par l’attaquant de Lugano

Depuis son retour au pays, Grégory Hofmann vole sur la glace et enfile les buts comme des perles, avec fougue et gourmandise. «Tout le monde pense que mes performances sont liées à mon passage à Carolina. C’est complètement faux», rétorque-t-il. Ses jambes en feu, il les a façonnées entre mai et juillet sur les hauteurs de Bienne. En gris vert, savates de gym aux pieds, c’est le cliché. «J’ai passé 13 semaines à Macolin à l’école de recrue pour sportifs d’élite.» Entraîneur du HCC au civil, Alex Reinhard officie comme préparateur physique de ces soldats pas comme les autres. «Il fait un boulot exceptionnel. Il m’a poussé au-delà de ce que je croyais mes limites, ce qui a m’a donné confiance. Alex m’a mis dans les meilleures conditions afin d’être prêt dès la reprise du championnat.»


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