13.11.2017, 00:01  

Qualification à la roulette russe

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 13.11.2017, 00:01   Qualification à la roulette russe

Il était 19h50 hier soir, Stephan Lichtsteiner se lançait dans un dernier rush pour porter le ballon le plus loin possible du gardien Yann Sommer, quand l’arbitre mettait fin au match retour des barrages qualificatifs pour la Coupe du monde 2018. Comme un symbole, le capitaine suisse glissait sur les genoux, les bras écartés en signe de victoire, de...

Il était 19h50 hier soir, Stephan Lichtsteiner se lançait dans un dernier rush pour porter le ballon le plus loin possible du gardien Yann Sommer, quand l’arbitre mettait fin au match retour des barrages qualificatifs pour la Coupe du monde 2018. Comme un symbole, le capitaine suisse glissait sur les genoux, les bras écartés en signe de victoire, de libération. La Suisse, à la faveur d’un match nul 0-0 contre l’Irlande du Nord, a préservé son minuscule avantage acquis à l’aller (1-0) et verra la Russie l’an prochain.

Mais que cette quatrième qualification consécutive pour le grand raout mondial fut pénible à composter! Incapable de marquer ce but qui aurait mis fin aux derniers espoirs nord-irlandais, la bande à Vladimir Petkovic est restée à la merci d’un visiteur qui s’est montré moins frileux qu’à l’aller. Sans un sauvetage sur la ligne de Rodriguez sur un coup de tête d’Evans (91e), l’histoire aurait pu être bien moins heureuse.

Occasions à la pelle

Mais, même si les Nord-Irlandais étaient venus avec des intentions bien plus louables, les Suisses auraient dû se mettre à l’abri bien plus tôt. Si Brunt fut le premier à tenter sa chance via une belle frappe lointaine que Sommer détournait superbement (3e) – pour ce qui était la première frappe cadrée de la «Green and White Army» dans ces barrages –, les Helvètes se ménagèrent une bonne demi-douzaine d’occasions franches durant la première heure de jeu.

Mais ni Seferovic (5e, 23e), ni le transparent Dzemaili (9e), pas plus que Shaqiri (25e), Zuber (28e, 47e) et Rodriguez (49e) ne pouvaient délivrer le Parc Saint-Jacques. Tiraillés par le comportement à adopter, les Suisses allaient ensuite commencer à souffrir. Si leur maîtrise n’était de loin pas celle du match aller, ils géraient toutefois bien leurs moments plus difficiles.

Quand le coup de tête de Washington frôlait le but de Sommer (54e), la Suisse devint plus passive, moins sereine au fil des minutes. Toujours incapable de plier l’affaire en contre-attaque – notamment via Seferovic (85e), lequel n’a pas goûté aux sifflets, sévères, qu’il a reçus à sa sortie –, la Suisse a tremblé jusqu’au bout.

Mais elle a tenu. Elle ira en Russie forte d’une campagne qualificative rondement menée – avec dix victoires, une défaite et un magnifique match nul – mais aussi avec ses défauts qui auraient pu être rédhibitoires hier. «Nous n’avons pas laissé passer cette chance qui nous était offerte contre l’Irlande du Nord. Je suis très fier de ce que nous avons montré durant ces qualifications car il faut prendre en compte l’entier du processus», se félicitait Vladimir Petkovic, néanmoins conscient des progrès à effectuer.

Dominer et gagner

«Nous avons six mois pour nous préparer et améliorer ce qui doit l’être», reprenait le sélectionneur national. «Nous allons essayer différents systèmes de jeu – peut-être avec trois hommes (Xhaka, Behrami et Zakaria) à mi-terrain, tant le dernier nommé a encore fait preuve de maturité hier? – et nous devons nous montrer plus efficaces devant le but adverse.»

S’il évoquait la satisfaction plutôt que le soulagement, Vladimir Petkovic refusait de fixer un objectif précis pour la prochaine Coupe du monde. «Ce n’est pas dans notre philosophie. Bien sûr, nous voulons aller le plus loin possible, mais sans nous fixer de but ni de limites. Je n’ai pas de souhait particulier pour le tirage au sort (qui aura lieu le 1er décembre). Peu importeront les adversaires, nous voudrons nous montrer dominants et gagner», terminait-il.

Si l’heure est à la fête, force est d’admettre qu’il faudra que la Suisse soit plus «tueuse» l’an prochain pour franchir ce palier des huitièmes de finale sur lequel elle a buté trois fois dans les grands tournois depuis 2006. Au risque que les sueurs d’hier se transforment encore en désillusions demain.

La Croatie souveraine

La Croatie s’est qualifiée pour la cinquième Coupe du monde de son histoire (depuis son admission à la FIFA en 1993) en allant faire match nul 0-0 contre la Grèce au Pirée en barrage retour. Mandzukic, Rakitic et leurs coéquipiers n’ont jamais été mis en danger par des Grecs qui ont mis 86’ pour adresser leur premier tir cadré.

Perisic, l’ailier de l’Inter Milan, a mis à deux reprises le feu à la défense grecque en première mi-temps, notamment par un magnifique tir sur le poteau juste avant la pause. Les Croates, 8es de finalistes au dernier Euro en France, disposaient des meilleures individualités. Et leur cohésion a été sans faille. Ils étaient sereins, après avoir remporté le match aller 4-1 à Zagreb.

Depuis que Zlatko Dalic a repris les rênes de l’équipe, qui risquait l’élimination avant d’aller gagner 2-0 en Ukraine dans son dernier match de groupe, la Croatie est transformée. Dimanche soir, elle s’est montrée souveraine. Les Grecs de Michael Skibbe – l’ancien coach de Grasshopper, qui s’apprête à devoir s’en aller – ont fait preuve de bonne volonté, mais ont singulièrement manqué de tranchant. Il faut dire que les vainqueurs de l’Euro 2004 ne sont pas spécialement habitués à jouer l’attaque.

Les qualités de Mitroglou, seul joueur hellène réellement dangereux, n’ont pas suffi. La Croatie sera un outsider intéressant en Russie. ats

Breel Embolo ne félicite pas le public

Si les sourires étaient de mise à la sortie du vestiaire, les joueurs suisses affichaient une certaine retenue au moment de savourer la qualification pour la Russie. Car après la maîtrise affichée trois jours plus tôt à Belfast, tous rêvaient d’une performance nettement plus aboutie devant les 36 000 spectateurs du Parc Saint-Jacques venus les encourager.

«Nous aurions voulu gagner par deux ou trois buts d’écart, mais en football, on ne fait pas toujours comme on veut. Nous avons eu les occasions en première mi-temps, elles ne sont pas concrétisées», explique Breel Embolo.

Le Bâlois tient à relever les mérites de l’adversaire: «Les Nord-Irlandais ont beaucoup travaillé et ont mis bien plus de pression qu’au match aller. Le terrain gras se prêtait davantage à leur jeu physique qu’au nôtre, basé sur la circulation du ballon. Cela a été très difficile, un combat pas toujours bien ordonné de notre part. Mais l’équipe s’est battue et, finalement, s’est qualifiée pour la Coupe du monde, c’est ce que nous voulions. Ce sont nos qualités individuelles qui ont fait la différence.»

Entré en lieu et place de Haris Seferovic à la 86e minute, Breel Embolo n’a pas apprécié les sifflets adressés à son coéquipier au moment de quitter la pelouse: «Haris a beaucoup couru, il s’est créé des occasions, malheureusement, il ne les a pas mises au fond. Tant à Belfast qu’ici à Bâle, il s’est énormément investi pour l’équipe et je ne comprends pas les sifflets du public. Je dis compliments à Haris, je ne dis pas compliments au public.»

Dans le camp des Irlandais, le manager Michael O’Neill parlait de «dévastation». «Je suis dévasté par la nature de cette défaite», dit-il. «Nous ne disputerons pas la Coupe du monde en raison d’un penalty qui n’aurait jamais dû être sifflé jeudi soir à Belfast!»

Michael O’Neil admet que cet acte II n’avait rien à voir avec la rencontre de jeudi. «Un match aller est bien plus ‘tactique’, plus fermé», explique-t-il. «Aujourd’hui, il y avait plus d’émotions. Mes joueurs ont tout donné. Nous étions la meilleure équipe sur le terrain! Nous rêvions de jouer une nouvelle Coupe du monde. J’ai cru à ce rêve jusqu’à la dernière seconde de ce barrage.»

Avant de quitter la salle de presse, Michael O’Neill a tenu à apporter tous ses encouragements à la Suisse pour la prochaine Coupe du monde. «Je souhaite le meilleur à Vladimir Petkovic et à ses joueurs. Je ne leur en veux pas si nous sommes éliminés. Ce n’est pas euxqui ont dicté le penalty à Belfast.» pascal dupasquier - ats

Suisse - Irlande du Nord 0-0

Bâle, Parc Saint-Jacques: 36 000 spectateurs (guichets fermés).

Arbitre: Brych (GER).

Suisse: Sommer; Lichtsteiner, Schär, Akanji, Rodriguez; Zakaria, Xhaka; Shaqiri (80e Freuler), Dzemaili (61e Mehmedi), Zuber, Seferovic (87e Embolo).

Irlande du Nord: McGovern; Hughes, J. Evans, McAuley, Brunt; Davis, Norwood, Saville; Ward (74e Jones), Washington (82e McNair), Dallas (74e Magennis).

Notes: la Suisse sans Djourou ni Moubandjé (blessés). L’Irlande du Nord sans C. Evans (suspendu). Avertissements: 7e Brunt. 72e Seferovic. 79e J. Evans.

Remises en jeu

Nouveau maillot L’équipe nationale a «inauguré» hier son nouveau maillot. Inspiré par le Cervin, l’équipementier a intégré une carte topographique de la célèbre montagne en filigrane sur l’entier de la tunique. En outre, une zone colorée a fait son apparition à hauteur de poitrine. Le tout enrobé du slogan «reach the top», comprenez «atteignez le sommet».

à l’eau Le déluge qui s’est abattu sur Bâle avant la rencontre a mis les responsables de la pelouse à pied d’œuvre. Ainsi, quelque deux heures avant le coup d’envoi, ils étaient 26 exactement, armés de fourches pour «carotter» le terrain et ainsi faire disparaître autant que possible les flaques qui s’étaient inévitablement accumulées à certains endroits.

Au vent Un match de l’équipe nationale s’accompagne toujours d’animations diverses autour du stade. Hier, l’Association suisse et ses sponsors principaux ont été contraints de réduire drastiquement la voilure. En effet, il n’y avait pas la moindre trace des habituelles arches gonflables qui attirent les supporters. Seuls les vendeurs de bières ont «survécu» aux conditions Météo, avec le succès qu’on leur connaît.


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