13.05.2017, 00:01  

Même «vertes», les dalles fâchent

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 13.05.2017, 00:01   Même «vertes», les dalles fâchent

NEUCHÂTEL - Positions très tranchées sur la cour du cloître de la Collégiale.

Une petite centaine de personnes ont participé, jeudi soir, à la première des deux séances de consultation à propos des travaux de transformation/rénovation du cloître de la Collégiale de Neuchâtel. Voulues par le Conseil communal de la ville, ces soirées informatives – la seconde se tiendra lundi, dès 18h30 – découlent de la levée de boucliers qui a...

Une petite centaine de personnes ont participé, jeudi soir, à la première des deux séances de consultation à propos des travaux de transformation/rénovation du cloître de la Collégiale de Neuchâtel. Voulues par le Conseil communal de la ville, ces soirées informatives – la seconde se tiendra lundi, dès 18h30 – découlent de la levée de boucliers qui a suivi la publication des photos de la cour couverte de dalles en béton. Cet aménagement fait table rase du jardinet conçu par l’architecte Léo Châtelain lors des transformations de la Collégiale menées à la fin du 19e siècle.

Lorsque la polémique a éclaté, l’espace présentait un aspect minéral rapidement comparé au sol d’une salle de bain. Jeudi, les participants à la consultation publique ont pu librement parcourir la cour engazonnée et enrichie de végétation (photo Christian Galley). L’aspect n’est plus le même, c’est indéniable. Mais le sol reste peu agréable à fouler si l’on pose son talon entre deux dalles. Et, comme cela a été relevé lors de la discussion, très problématique pour les dames qui évolueraient en talons aiguilles, à l’occasion, par exemple, d’une célébration de mariage, comme cela est prévu. De cet habillage printanier (les jardiniers interviendront au gré des saisons), les plus sceptiques continuaient de taxer «d’horreur» le nouvel aménagement. Un avis que ne partage pas le conseiller communal Olivier Arni. «La photo prise cet hiver était choquante; j’ai trouvé ça atroce. Mais la réalité, c’est ce soir: ce n’est plus la même atmosphère. C’est pour cela que nous ouvrons le débat. Mais il n’y aura pas de disco ou de concert rock au cloître», a expliqué le président de la commission de construction. «S’il faut installer un piano, cela se fera sur une petite scène, pas directement sur les dalles», a encore souligné Danilo Mondada, l’un des architectes en charge de la restauration.

«Réflexion pas aboutie»

Après la déambulation et de longues explications sur l’histoire de la Collégiale, le contexte politique et les règles basiques de la démocratie helvétique – trois interlocuteurs se sont succédé après l’introduction du conseiller communal Olivier Arni –, la parole a enfin été donnée à l’assistance, qui a patienté 55 minutes avant de pouvoir s’exprimer.

Sobrement, Patrice Allanfranchini a considéré que le parvis de la Collégiale, et non son cloître, serait l’endroit idéal pour accueillir des manifestations culturelles ou festives en parallèle à celles purement culturelles célébrées à l’église. «La réflexion n’est pas aboutie», a conclu, sous les applaudissements, le membre de Patrimoine suisse, tout en soulignant que le réel «problème reste l’aménagement du jardin».

Transparence

Sévère, le conseiller général Jules Aubert a relevé que tout n’était pas à jeter dans cette réalisation, mais que le processus avait manqué de transparence: «On nous cache des choses en améliorant la présentation et on nous fait croire que tout a été discuté et accepté.» Et de questionner: «Pour les dalles, qui a donné son aval?»«C’est la politique du fait accompli», a chargé un autre intervenant.

En relevant que le cloître «est un lieu excessivement symbolique», le responsable de l’association du Vieux-Châtel, Adi-Pierre Glanzmann, a choqué une partie de l’assistance en affirmant que le dallage donnait à penser à un tapis de prière de mosquée. Jean-Christophe Kaufmann s’est déclaré ouvert «à l’évolution du patrimoine, mais ce dallage est un gros ratage esthétique». Côté transparence, lui aussi a eu le sentiment que «quelques personnes décident pour tous». Il s’est également opposé à l’idée avancée par l’architecte Danilo Mondada, qui demandait du temps à ce projet pour qu’il marque sa patine.

Retournement

Dans une réplique, Olivier Arni a rappelé que les travaux de la Collégiale vont durer six ans et qu’il est déjà prévu que des activités, dont la Société des concerts de la Collégiale, utilisent le jardin du cloître. Au nom de cette dernière, Philippe Terrier a répliqué que cette possibilité n’avait pas été étudiée. «S’il le faut on s’adaptera», a précisé l’organiste suppléant de la Collégiale. Une dame a avoué avoir changé d’avis en découvrant la prairie graminée. «Avant, je grimpais aux murs. Maintenant, je trouve très beau!» Sa franchise lui a valu d’être conspuée. Olivier Arni a sermonné l’assistance, en rappelant que la Collégiale n’était pas un stade de foot.


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