17.05.2017, 00:01  

De l’électricité dans les deux bras

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LA NEUVEVILLE - L’homme qui a tenté de sauver les femmes électrocutées témoigne.

La Neuveville s’est réveillée hier avec une population plongée dans une immense tristesse. Un seul sujet revenait sur la table des conversations: l’horrible drame qui a coûté la vie a deux femmes et à un chien. L’une des victimes était une Neuvevilloise de 24 ans que tous s’accordent à décrire comme un rayon de soleil, une jeune femme souriante,...

La Neuveville s’est réveillée hier avec une population plongée dans une immense tristesse. Un seul sujet revenait sur la table des conversations: l’horrible drame qui a coûté la vie a deux femmes et à un chien. L’une des victimes était une Neuvevilloise de 24 ans que tous s’accordent à décrire comme un rayon de soleil, une jeune femme souriante, pleine d’allégresse et débordante de gentillesse. Hier, la police cantonale bernoise a donné des précisions sur la deuxième victime. Il s’agit d’une ressortissante néerlandaise de 53 ans, domiciliée dans la région.

C’est cette dame qui, la première a été sortie de l’eau électrifiée du lac de Bienne par des passants. Par Denis Toniazzo en particulier. Ce Neuvevillois se promenait avec son épouse près du débarcadère, vers 11 heures, lorsqu’ils ont avisé l’agitation tout au bout de la promenade Jean-Jacques Rousseau.

Poteau d’amarrage

Arrivé sur les lieux, le couple ne saisit pas tout de suite qu’un drame vient de se dérouler juste là. «Une dame criait à moitié en français, à moitié en allemand: ‘Mon amie, mon amie... elle est morte...’» Le commerçant neuvevillois voit alors un corps flotter sur le ventre, entre le mur de la promenade et un bateau. Il se précipite mais est stoppé dans son élan par des cris: «Attention: il y a de l’électricité!», lui lance-t-on. «Je suis allé sur le ponton, j’ai plongé ma main dans l’eau et constaté qu’il n’y avait pas d’électricité», poursuit l’opticien. Il entreprend alors de repêcher le corps de la malheureuse, «car je voyais des bulles d’air s’échapper de son nez». Hardi, il enjambe la barrière et tente de poser son pied sur l’amarre du bateau. «Mais j’étais trop court. J’ai alors posé une main sur le poteau d’amarrage.» Immédiatement, Denis Toniazzo ressent une énorme décharge électrique: «Elle m’a traversé le corps d’un bras à l’autre.»

Sa femme Claudia a elle aussi pris des risques pour tenter de repêcher ce corps inanimé. Courageuse, elle pose ses pieds sur un muret en pierre qui se trouve une vingtaine de centimètres sous le niveau du lac. Elle portait des chaussures à semelle en caoutchouc. Mais elle est vite ressortie de l’eau. «Elle a rapidement senti des fourmillements qui lui remontaient dans les jambes», relève son mari.

Arrive alors un homme avec un balai. «J’ai placé le manche en bois entre les jambes de cette femme pour la pousser jusqu’au ponton», poursuit le lunetier. A trois ou quatre personnes, ils arrivent à sortir le corps de la victime et entreprennent alors un massage cardiaque, qui restera malheureusement sans effet positif. C’est alors que les secours sont arrivés.

Une grande chevelure blonde

Mais le couple de Neuvevillois n’est pas au bout de ses surprises. Ils ne savaient pas, à ce moment-là qu’un deuxième corps reposait au fond du lac, sous deux mètres d’eau. Celui de la jeune propriétaire du chien de sauvetage. «J’ai vu comme une couronne dorée. D’abord j’ai pensé que c’était le chien. Ce n’est que plus tard que j’ai compris qu’il s’agissait de la grande chevelure blonde d’une autre femme», explique Denis Toniazzo. Qui quitte les lieux, laissant les secours professionnels prendre le relais.

«Ce n’est qu’hier que j’ai appris qui était cette jeune femme», précise encore le commerçant, qui connaissait bien la jeune victime. «J’avais dansé avec elle, il y a peine un mois», se désole celui qui ne veut pas entendre parler d’acte de bravoure. «J’ai juste voulu aider une personne. J’espérais la sauver.»

La Défectuosité d’un câble confirmée

Les premières investigations menées après l’électrocution des deux femmes et du chien de l’une d’elles permettent d’ores et déjà de confirmer la défectuosité d’un câble électrique de l’installation du port Rousseau, à La Neuveville. La police cantonale bernoise et le ministère public régional Jura bernois - Seeland indiquent dans un communiqué que «du courant électrique pouvait ainsi circuler aussi bien à l’intérieur de la balustrade du port que dans ses abords immédiats, de même que dans le lac». Au reste, les premières constatations de l’Institut de médecine légale de l’Université de Berne accréditent cette thèse. «Une décharge électrique serait donc la cause principale de l’accident, laquelle aurait provoqué de manière directe ou indirecte la mort des deux femmes», poursuit le communiqué. La police cantonale bernoise précise que le câble défectueux ne présente plus aucun danger.


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