18.05.2017, 00:01  

Bulat Chagaev n’obtient pas l’annulation de son jugement

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Dimitri Iafaev, l’avocat commis d’office pour la défense de Bulat Chagaev, demandait que le procès de son mandant soit repris à zéro.

JUSTICE - L’appel de l’ancien président de Xamax sera traité en septembre.

«Vous n’aurez pas grand-chose à traduire aujourd’hui...», lance le procureur Pierre Aubert, juste avant le début de l’audience. «J’en ai bien l’impression...», lui répond la traductrice, convoquée pour transposer du russe au français les déclarations de Bulat Chagaev. Mais, ce n’était une surprise pour personne, l’ancien boss de Neuchâtel Xamax n’est pas venu assister à la première des deux...

«Vous n’aurez pas grand-chose à traduire aujourd’hui...», lance le procureur Pierre Aubert, juste avant le début de l’audience. «J’en ai bien l’impression...», lui répond la traductrice, convoquée pour transposer du russe au français les déclarations de Bulat Chagaev. Mais, ce n’était une surprise pour personne, l’ancien boss de Neuchâtel Xamax n’est pas venu assister à la première des deux audiences consacrées à l’appel de son jugement. En première instance, le sulfureux homme d’affaires tchétchène avait été condamné à 36 mois de prison, dont la moitié avec sursis pour la faillite du club de la Maladière. «J’ai encore des contacts avec Bulat Chagaev, mais moins intensifs qu’auparavant», confiait en aparté son mandataire. «A 99%, je pense qu’il ne va pas venir», a-t-il ensuite concédé à la présidente du tribunal, qui se demandait s’il était encore utile de monopoliser pour rien la traductrice.

Dossier vide

Hier, la Cour pénale du Tribunal cantonal ne s’est pas penchée sur le fond de l’affaire. Elle avait pour priorité d’analyser la demande de renvoi sollicitée par le mandataire de Bulat Chagaev. Dimitri Iafaev a soutenu que le procès tenu par le Tribunal criminel était a reprendre à zéro. Cela, au motif que Bulat Chagaev n’avait pas participé à la deuxième audience.

Toutes les parties se sont opposées à cette vision des choses. «Qu’en est-il des paiements que Bulat Chagaev avait promis aux plaignants?», s’est enquis Pierre Aubert, rappelant que l’ancien président de Xamax n’était pas revenu à son procès, précisément parce qu’il disait être affairé à réunir les montants promis. «Ses intentions ne se sont pas concrétisées. Mais si un jour il le peut, il le fera!», a crânement répliqué son défenseur. «Bulat Chagaev promettait un remboursement intégral à mes clients. Il n’a pas tenu promesse. Votre dossier est aujourd’hui aussi vide que lors de la première audience», a renchéri Me Skander Agrebi.

Canton mécontent

Pour la première fois dans ce dossier, l’avocat du Conseil d’Etat a participé aux débats. C’est que Bulat Chagaev n’est pas le seul à contester le verdict de première instance. L’Etat de Neuchâtel a aussi interjeté appel. Il ne se satisfait pas du million et demi de francs que lui avait accordé le Tribunal criminel au titre de conclusions civiles. «Le préjudice pour l’Etat de Neuchâtel est de 2,5millions de francs», a soutenu Me Christophe Auteri.

Après un court délai de réflexion, la Cour pénale n’a pas pris en considération les arguments du défenseur de Bulat Chagaev. Le procès en appel reprendra le 25 septembre, avec ou sans le prévenu.

commis d’office

Bulat Chagaev avait chargé Me Dimitri Iafaev de le défendre. Celui-ci avait ensuite reçu l’assurance du tribunal qu’il serait désigné avocat d’office si Bulat Chagaev ne lui versait pas les honoraires dus. C’est chose faite: l’avocat genevois a été commis d’office.


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