15.11.2017, 00:01  

Le compagnon des marcheurs ayant soif de connaissances

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De gauche à droite, Anne Girardet, Thor Maeder, Rémy Wenger et Michel Blant.

 15.11.2017, 00:01   Le compagnon des marcheurs ayant soif de connaissances

Par Alain Prêtre

LOISIRS - Sortie d’un guide d’excursions au fil du Doubs jurassien et neuchâtelois.

Basé à La Chaux-de-Fonds, l’Institut suisse de spéléologie et de karstologie (Isska) comble un vide en matière de support de découverte de la vallée du Doubs avec la publication «Au fil du Doubs». Destiné prioritairement aux randonneurs, ce guide de 56 pages, tiré à 1500 exemplaires avec le soutien notamment du Parc du Doubs, propose quatre excursions pédestres entre...

Basé à La Chaux-de-Fonds, l’Institut suisse de spéléologie et de karstologie (Isska) comble un vide en matière de support de découverte de la vallée du Doubs avec la publication «Au fil du Doubs». Destiné prioritairement aux randonneurs, ce guide de 56 pages, tiré à 1500 exemplaires avec le soutien notamment du Parc du Doubs, propose quatre excursions pédestres entre Les Brenets et Saint-Ursanne.

Rémy Wenger et ses collègues de l’Isska ont tenu à ce que cet ouvrage «ne soit pas seulement un descriptif de l’itinéraire, mais qu’il aide aussi à la compréhension du paysage». Une approche globale explorant dans sa dimension franco-suisse l’ensemble des éléments constitutifs de la vallée. A commencer par l’emblématique Saut-du-Doubs dont la formation est précisément expliquée dans le guide.

Page après page, cet ouvrage richement illustré et documenté immerge son utilisateur dans un univers aux multiples facettes. La nature sauvage en est évidemment la caractéristique la plus spectaculaire. «Nous sommes en présence d’une biodiversité extraordinaire», s’enthousiasme Michel Blant.

La fritillaire pintade pour la flore, l’apron pour la faune aquatique sont deux des espèces majeures de l’écosystème du Doubs. Une présence malheureusement relictuelle pour l’apron, mais un peu moins préoccupante pour la tulipe d’eau. Et Michel Blant de se prendre à rêver. «Pourquoi ne pas imaginer le retour de la loutre!» Une perspective subordonnée à la restauration de la qualité de l’eau de la rivière souffrant actuellement d’agressions multifactorielles.

Civilisation disparue

L’Isska cible ainsi dans son ouvrage «les rejets des stations d’épuration, des pollutions d’origine agricole, sylvicole, industrielle et autres agents pathogènes». Une réalité dont le promeneur solitaire doit avoir conscience sans pour autant qu’elle ne l’empêche de découvrir les innombrables trésors s’égrenant au fil de la rivière. Il y a ceux que l’on voit et ceux qui sont invisibles, souligne Michel Blant, invitant le lecteur à le suivre en terrain inconnu.

La civilisation industrielle a disparu physiquement, mais a imprimé à jamais son empreinte dans la mémoire des historiens du Doubs. Il y a encore 150 ans la rivière était l’abreuvoir de dizaines de scieries, moulins, huileries, horlogeries et verreries établies le long des berges. Ne subsiste plus aujourd’hui de cette vie économique autrefois trépidante et flamboyante que de rares vestiges noyés sous la végétation.

Le guide braque aussi ses projecteurs sur les trafics en tous genres dont les truites et parfois les douaniers ont été les témoins. «Les côtes du Doubs furent le théâtre d’une contrebande digne des meilleurs polars», relève le guide. Un rappel historique qui accompagne le promeneur dans son ascension des échelles de la Mort.

Ours des cavernes

Au nombre des trésors invisibles, Michel Blant ajoute en outre sources et grottes. Souterraines souvent, superficielles parfois, elles abreuvent la rivière tant et si bien «qu’à Saint-Ursanne, son débit est deux fois plus grand qu’aux Brenets». Une illustration édifiante du système karstique caractérisant le sous-sol jurassien. «Quant aux grottes, celles du Bichon et du Bief-Paroux en particulier, elles abritèrent avant la glaciation du Würm le redoutable ours des cavernes.»

«Au fil du Doubs» est le compagnon indispensable pour ne pas marcher idiot sur les 68 kilomètres qui séparent Saint-Ursanne des Brenets.

Vocation pédagogique

«Ce guide est un pas dans la direction d’une meilleure connaissance de la vallée du Doubs», se réjouit Thor Maeder, directeur du Parc du Doubs. Il est à mettre en toutes les mains et pas seulement entre celles des randonneurs. Rémy Wenger mise également sur son exploitation pédagogique dans les écoles. «Des enseignants nous ont d’ores et déjà fait part de leur intérêt. La Ville de La Chaux-de-Fonds nous a adressé une précommande portant sur plusieurs centaines d’exemplaires.»

Une aubaine dont les élèves scolarisés sur la rive française du Doubs ne peuvent profiter. Responsable au Parc du Doubs de la sensibilisation et de l’éducation à l’environnement, Anne Girardet est disposée à étudier la question avec le Pays horloger, structure œuvrant côté français à la création d’un Parc qui serait complémentaire à son homologue neuchâtelo-jurassien.


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