01.12.2017, 16:00  

La dameuse du centre nordique de La Brévine a enfin son local

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Jean-Pierre Schneider sur la dameuse de La Brévine, devant le nouveau garage du centre nordique. Photo: Lucas Vuitel

 01.12.2017, 16:00   La dameuse du centre nordique de La Brévine a enfin son local

La Brévine Pendant presque 40 ans, la dameuse de La Brévine a été parquée de hangar en hangar au gré des circonstances. L'association Neuchâtel ski de fond vient d'investir dans un local neuf et a signé un bail de 25 ans.

Dans l'immobilité blanche des hivers bréviniers, la dameuse qui habite l'espace de la vallée est un personnage.

Pendant près de 40 ans, après le boulot, elle a été parquée de hangar en hangar selon les circonstances. Mais depuis la première neige de la saison et pour au moins 25 ans, elle dormira "rue de Moscou", comme on dit au village. 

"On a...

Dans l'immobilité blanche des hivers bréviniers, la dameuse qui habite l'espace de la vallée est un personnage.

Pendant près de 40 ans, après le boulot, elle a été parquée de hangar en hangar selon les circonstances. Mais depuis la première neige de la saison et pour au moins 25 ans, elle dormira "rue de Moscou", comme on dit au village. 

"On a toujours appelé la rue Fritz-Courvoisier comme ça parce qu'elle part vers l'est et qu'on était assez à droite, ici...", sourit Jean-Pierre Schneider, le responsable du centre nordique de La Brévine, et conducteur principal de la "chenille".

>>A lire aussi: "Des décennies tracées à la passion"

Inauguration demain

On est au Loup blanc, devant un café, mardi matin, avec Philippe Breitler, le président de l'association Neuchâtel ski de fond qui a financé les travaux d'aménagement du hangar. On parle de l'inauguration officielle, qui a lieu ce samedi matin à 10h30.

Le chantier, ouvert d'août à octobre et attribué à des entreprises locales, a coûté 45'000 francs. "C'était une remise en piteux état. Il a fallu faire des travaux de maçonnerie, de charpente, et rehausser le toit, parce que les nouvelles machines, moins polluantes, sont aussi plus hautes", détaille Jean-Pierre Schneider.

Dehors ou dans la paille, c'est fini

Le local est loué à l'ancestrale fondation Asile agricole, "qui a financé l'installation électrique. C'est un grand avantage que la pièce soit chauffée. On recherche des locaux sûrs et spacieux, parce que ça ne va plus de laisser les machines dehors ou dans une grange, à côté des bottes de paille..."

En 1978, il y avait quatre dameuses dans le canton: à Couvet, Tête-de-Ran, aux Ponts-de-Martel et à La Brévine. "Jusqu'en 1991, j'ai loué trois garages à un copain avec Siberia Sports, dans le mien ça ne rentrait pas", raconte Jean-Pierre Schneider.

"Ensuite la commune nous a hébergés gratuitement à la halle polyvalente. Mais comme la nouvelle machine était trop haute, on a déménagé chez un gars qui avait des camions." Cette époque où il fallait vite aller déplacer la dameuse pour les besoins du propriétaire est donc désormais révolue. 

L'intérieur du hangar. Photo: Lucas Vuitel

"Le ski de fond fait bouillir la marmite"

On sort de la gueule du Loup blanc pour aller dans celle du hangar. Le chemin d'accès a été modifié durant les travaux. La couche de neige qui recouvre le sol en début de semaine est encore un peu mince pour y voir les grosses traces des chenilles. 

Jean-Pierre Schneider actionne la porte coulissante et nous fait asseoir au volant de la dameuse. C'est confortable. "L'habitacle est chauffé et en gros, quand on a l'expérience de ce genre d'engin, il suffit d'appuyer sur les boutons et d'être attentif. A l'époque, on traçait les pistes dans de vraies cages..."

C'est vrai que la sortie du garage regarde résolument vers Moscou! "On est à environ 500 m des pistes", précise le conducteur. 

Et après un coup d'oeil à l'enseigne Siberia Sports désormais tenue par son fils Pascal: "Le ski de fond fait bouillir la marmite de nos villages, en hiver. Il ne faut pas avoir peur de dire qu'on contribue aussi au développement touristique du canton."

Réchauffement climatique, vraiment?

La durée de vie d'une dameuse est d'environ dix ans à Neuchâtel ski de fond. L'association finance le remplacement de l'infrastructure des dix centres nordiques du canton grâce aux abonnements, obligatoires pour emprunter les pistes. 

"Il y aura toujours des skieurs pour nous dire qu'on gaspille l'argent", soupire Jean-Pierre Schneider, "mais une dameuse coûte 245'000 francs. Et je rappelle que le damage, entièrement bénévole, représente l'équivalent d'environ un tiers du budget annuel de l'association."

L'an dernier, ce sont Les Cernets qui ont eu droit à du nouveau matériel et, l'an prochain, ce devrait être La Sagne. 

>>A lire aussi: "Une dameuse pour un renouveau"

"Depuis deux ou trois ans, les ventes d'abonnement sont en forte augmentation", se réjouit Philippe Breitler. "L'hiver dernier, elles ont atteint environ 300'000 francs. Le coeur de notre activité, c'est le centre nordique de La Vue-des-Alpes."

Et le réchauffement climatique? "Oh, il y a sûrement quelque chose, mais si je regarde mes statistiques, je vois qu'à l'hiver 1989-1990, on n'avait tracé que 21h à La Brévine. En 2012-2013: 424 heures!" Et la saison dernière? "214h, dans la moyenne."


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