13.11.2017, 17:48  

La Chaux-de-Fonds: le TPR toujours plus populaire

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La fréquentation aux spectacles proposés par le Théâtre populaire romand se situe aux alentours de 90%.

 13.11.2017, 17:48   La Chaux-de-Fonds: le TPR toujours plus populaire

Théâtre - Le Théâtre populaire romand est dans une phase ascendante: il remplit ses salles, élargit son périmètre géographique d’influence et dope sa notoriété.

«Nous avons le vent en poupe», se réjouit John Voisard, directeur du Théâtre populaire romand (TPR) à La Chaux-de-Fonds. La fréquentation aux deux derniers spectacles le confirme. Ils se sont joués à guichets fermés, du jamais vu depuis des années. 

«Nous avons su regagner la confiance du public et développer avec lui une relation de sympathie.» Deux...

«Nous avons le vent en poupe», se réjouit John Voisard, directeur du Théâtre populaire romand (TPR) à La Chaux-de-Fonds. La fréquentation aux deux derniers spectacles le confirme. Ils se sont joués à guichets fermés, du jamais vu depuis des années. 

«Nous avons su regagner la confiance du public et développer avec lui une relation de sympathie.» Deux bouquets de fleurs adressés récemment par une Chaux-de-Fonnière à John Voisard et à Anne Bisang, directrice artistique, illustrent la force de ce lien.  «Vous nous avez permis de vivre un spectacle magique le 28 octobre. Merci pour tout», peut-on lire sur la petite carte d’accompagnement. 

La réponse du public à la programmation de la scène théâtrale ne cesse de se renforcer. «De 60% avant 2013, le taux de fréquentation des spectacles  avoisine  aujourd’hui les 90%, soit une progression annuelle de 5 à 6%. Les abonnements ont progressé de plus de 10% sur la saison 2017/2018», précise John Voisard. La provenance de la clientèle déborde largement désormais le périmètre des Montagnes neuchâteloises. «Nous accueillons des gens de Neuchâtel, du vallon de Saint-Imier, mais aussi de France voisine, de Lausanne et de Genève.»

La montée en puissance et en notoriété n’est pas tombée du ciel. Elle s’est révélée avec l’arrivée en 2014 d’Anne Bisang, la nouvelle directrice artistique. «Les gens ont rapidement vu qu’il y avait un changement, ils sont venus garnir nos salles», témoigne John Voisard. 

Ni managers, ni show biz

Femme de contact, la directrice artistique est descendue dans l’arène pour se porter au-devant du public. Un changement radical de style par rapport à son prédécesseur, mais aussi une nouvelle manière d’embrasser sa fonction dans le cadre d’une démarche plus collective.  «C’est le résultat d’un travail de fond et d’équipe», soutient  l’intéressée.

La directrice artistique s’ouvre aussi au monde associatif local. «Les associations sont des partenaires qui nous permettent de toucher différents publics. Dans ce sens, ce sont des relais de communication pour créer des liens avec l’ensemble de la population.»

Avec ses collaborateurs, Anne Bisang  construit une programmation qui ne se fonde pas, loin s’en faut,  sur le seul impératif de la rentabilité. «Nous ne sommes pas des managers. Nous ne faisons pas dans le show biz»,    souligne-t-elle. Le critère artistique prime sur tous les autres. 


Croûte aux champignons

L’équipe basée à Beau-Site ne se réfugie pas dans le confort et la facilité, restant toutefois dans les limites d’une prise de risque maîtrisée. «Nous devons trouver un savant dosage entre des spectacles plus fédérateurs et des propositions plus audacieuses.» 

La directrice artistique se plaît à emmener son public sur les chemins de la découverte. «On peut aller au-delà de la croûte aux champignons» image-t-elle. Encore faut-il que le client soit coaché pour apprécier ce qu’il s’apprête à déguster. C’est là tout l’intérêt des «Mises en bouche» proposées avant chaque représentation. «Anne prépare au cours de ces ateliers le public à ce qu’il va voir, lui donne des clés de compréhension, ce qui crée l’adhésion et une relation de confiance», salue John Voisard. Et la formule rencontre un intérêt grandissant. «Aux trois premières mises en bouche, il y avait vingt participants contre 60 à 70 aujourd’hui.» 

Cette méthode est de nature à attirer un nouveau public, mais l’une des préoccupations des responsables  du TPR  est également  de contribuer à son rajeunissement. Un objectif qui passe par le renforcement de ses liens avec les lycées et l’Université sans oublier naturellement les représentations proposées par le TPR aux collégiens. Le service de babysitting  mis à disposition des parents participe encore de cette volonté d’assurer la relève dans le temps. «L’achat d’une place plein tarif ouvre ce droit à la garde de l’enfant pendant toute la durée du spectacle.» 

Si le TPR fait rayonner La Chaux-de-Fonds de plus en plus loin, la courbe des subventions octroyées par la Ville ne suit pas la même progression (lire ci-dessous).

Dynamique négative

Les responsables du TPR craignent que les coupes budgétaires  imposées par la commune au nom des économies à réaliser n’influencent négativement son développement. «En comptant les 30'000 francs qui ne nous serons pas versés en 2018, nous aurons perdu 150'000 francs de subventions depuis 2015.  La Ville contribuera en 2018 à hauteur de 1,15 million de francs à notre budget  annuel de 3,68 millions.  Il y a un risque réel que les efforts engagés depuis quatre ans ne soient ruinés. Ce serait un retour à la case départ. Il nous faudrait des années pour retrouver les résultats obtenus. Si les aides financières continuent à se contracter, nous entrerions alors dans une dynamique négative», alerte Anne Bisang.

Un scénario qui impliquerait une réduction de la voilure. «Nous serions tenus de revoir nos prestations à la baisse. Les représentations scolaires seraient les premières touchées. C’est pourtant là que se trouve notre futur public...» 

Le TPR souhaite au contraire un coup de pouce supplémentaire de la Ville, «pour disposer du personnel nécessaire à l’aboutissement de ses projets d’avenir». «Nous travaillons à flux tendus. Nous aurions besoin d’engager du monde.» Anne Bisang se verrait bien consacrer davantage de moyens au soutien des compagnies théâtrales, à la création, à la diffusion, au renforcement de la médiation auprès du public.


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