20.05.2017, 00:01  

Denis de la Reussille face à ses héritiers

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ÉCOLE À BERNE - Les élèves de deux classes viennent de passer une semaine sous la coupole fédérale. L’occasion d’y rencontrer un des élus qui œuvre au Conseil national pour le canton.

Ces derniers jours, deux classes du canton ont été invitées à une excursion très particulière par leur enseignante.

Pendant une semaine, une trentaine d’élèves en 11e Harmos du Locle et du Val-de-Ruz se sont plongés dans les arcanes politiques de la Berne fédérale. Leur mission: entrer dans la peau de conseillers nationaux au centre de l’hémicycle. Notamment en apprenant à défendre des initiatives. Comme leurs aînés s’y appliquent dans le cadre de leur mandat en tant qu’élus. Une tâche, ont-ils découvert, lourde, et qui leur a valu son pesant d’éducation civique.

Ils ont vécu cette expérience dans le cadre de l’«Ecole à Berne». Une sorte de formation citoyenne par immersion proposée aux écoliers des différents établissements scolaires du pays. Une occasion pour eux de prendre goût, avant leur majorité, à leurs droits civiques et de les saisir en pleine conscience, lorsque le moment sera venu. Le but est de les intéresser de près au fonctionnement de la Confédération.

Ce mercredi, nous les avons rejoints lors de leur rencontre avec Denis de la Reussille. Désormais un peu chez lui au Palais fédéral, en tant que conseiller national. «Et Berne, j’aime, je m’y sens bien.»

Vie de famille, naissance de son engagement politique, ce qui le préoccupe au Parlement, ce qu’il gagne comme conseiller national... Les élèves vaudruziens et loclois avaient à la fois envie de mieux connaître le fond de son cœur et sa fonction politique. Détendu, épanoui, à l’aise, Denis de la Reussille a répondu à chacune de leurs questions.

D’entrée, il prend le soin, face à son jeune public, d’être didactique, simple. «Pourquoi êtes-vous popiste?» est la première question de son auditoire.

Secoué dans les années 70

«J’avais 13, 14 ans lorsque les initiatives Schwarzenbach prônant le retour des étrangers chez eux faisaient rage, dans les années 1970», commence-t-il à raconter. «Et un jour, j’ai compris que si l’une d’elles passait, je ne reverrais plus mes copains d’école et de foot à la fin de l’été, car ils devraient tous rentrer en Italie. En effet, la plupart de mes camarades étaient Italiens. C’est là que j’ai pris conscience qu’il ne fallait pas laisser faire. Et pour moi, ensuite, le parti le plus proche de mes convictions s’est révélé être le POP.»

Il explique alors qu’il est l’unique popiste au Conseil national. Or, pour pouvoir accéder à une commission, il faut appartenir à un groupe d’au moins cinq élus. «Engagé écologiquement, j’ai doncnaturellement rejoint le groupe des Verts.» La commission où il siège? «Elle se consacre aux affaires extérieures.»

Aux filles et garçons venus à sa rencontre il dit l’importance de s’impliquer dans «la chose publique». Et il n’attend que des jeunes comme relève pour que la Suisse continue d’être une démocratie. En espérant que les élèves passés par l’Ecole à Berne attrapent le virus et puissent un jour faire passer leurs initiatives pour de vrai.

«Vos fils, fiers de vous?»

A ce stade, ceux-ci lui demandent si ses fils sont fiers de lui, et si à son contact, ils ont été contaminés par sa passion pour la politique. «J’espère que mes fils sont fiers de moi...», avance d’abord Denis de la Reussille, avec un large sourire. «Ils connaissent mes idées. Je ne cherche pas à les convaincre de suivre une voie. A eux de choisir. Par contre je serais désolé qu’ils ne votent pas. Voter est capital!»

Membre du législatif fédéral, il évoque à un moment celui de son canton. Il fait part de son regret qu’«au Grand Conseil siègent une majorité de députés qui sont médecins, juristes, avocats ou enseignants. On y compte quelques rares agriculteurs, et aucun ouvrier. Il en manque. Leur vision du monde et du travail nourrirait la réflexion.»

Il évoque sans tabou ses revenus de conseiller national, lorsque la curiosité des élèves autour de lui se manifeste sur ce point.«Chaque jour de session, je gagne 440 francs. Les repas et l’hôtel sont défrayés. Mais personnellement je rentre le soir au Locle.»

Puis il leur explique que chaque saison, le Conseil national siège au cours d’une session de trois semaines. «Je reçois ensuite une rémunération fixe de 32000 francs par année et une autre de 26000 francs par an pour rémunérer une éventuelle assistante parlementaire. Ce qui est mon cas.»

Une dernière question lui est enfin adressée. «A part la politique, avez-vous des hobbies?»A cet instant, on découvre qu’à part la famille, le foot, le hockey et les voyages, leur interlocuteur aime partir à la cueillette aux champignons. Voilà qui pose son homme et les enfants qui l’écoutent, les pieds bien sur terre.


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