20.05.2017, 00:01  

«Avec les hommes, tout se passe dans le regard»

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CALI, 12.01.2017Cali est ouvert à tout. Après une minute de discussion, j’ai senti que je pouvais lui proposer de se mettre accroupi dans la petite douche de sa loge. Alors que beaucoup d’autres m’auraient refusé cette idée, lui me regarde très sérieusement et me demande s’il doit se déshabiller. Il est comme ça Cali, instinctif, investi à 100% dans le moment. Il donne beaucoup.

 20.05.2017, 00:01   «Avec les hommes, tout se passe dans le regard»

GALERIE - Depuis six ans, Guillaume Perret photographie tous les artistes se produisant au théâtre du Casino, au Locle. De belles rencontres et autant d’anecdotes.

Dans le foyer du théâtre du Casino, au Locle, l’acteur Pierre Richard attrape votre regard. Mèches rebelles, sourire en coin, le plissé de son visage raconte le fil de sa vie. Face à lui, l’auteur-compositeur Vincent Delerm. Le chanteur français vient d’ailleurs de clôturer magistralement la saison. «Je l’ai photographié les trois fois où il est venu», raconte...

Dans le foyer du théâtre du Casino, au Locle, l’acteur Pierre Richard attrape votre regard. Mèches rebelles, sourire en coin, le plissé de son visage raconte le fil de sa vie. Face à lui, l’auteur-compositeur Vincent Delerm. Le chanteur français vient d’ailleurs de clôturer magistralement la saison. «Je l’ai photographié les trois fois où il est venu», raconte Guillaume Perret.

Depuis six ans, le photographe, qui travaille à Neuchâtel, entraîne les artistes à l’affiche dans sa quête de portraits intimes. Soit une centaine d’images couleur ou noir-blanc et autant de belles rencontres. «On finit les trois quarts du temps par manger ensemble. Depuis deux ans, des tirages sont exposés dans le cinéma-théâtre. Ce qui m’aide beaucoup car ça rassure les artistes de voir mon travail.» A entendre Guillaume Perret, les refus sont infimes. «J’ai peut-être essuyé quatre non. Par manque de temps en général. A part Arno, qui refuse par principe. C’est un regret car j’aime ce chanteur.»

Poser dans un théâtre d’une petite ville facilite aussi un «oui». «Ici, ils sont presque en vacances. Ils sont bien accueillis, et il y a beaucoup moins de sollicitations qu’à Paris, où ils sont plus méfiants. Ils doivent se dire que mes photos ne vont pas remettre en cause leur carrière!»

A contrario, ces portraits peuvent «booster» leur image. Les acteurs Jacques Gamblin et Michel Boujenah lui ont demandé les droits afin de les publier sur leurs sites. «Il y a quelques jours, j’ai mis les portraits de Vincent Delerm sur Instagram. Il a immédiatement réagi en les trouvant super alors qu’il ne voulait pas qu’on voie ses yeux en raison d’un rhume.»

En parcourant cette galerie de portraits, on lui fait remarquer qu’il semble plus à l’aise avec les hommes qu’avec les femmes. «C’est vrai. Je travaille autour du regard. Avec le regard, on arrive à quelque chose de plus intense ou à plus de présence qu’avec un sourire. Or les femmes ont plutôt tendance à sourire sur un mode de séduction. J’aime les sourires spontanés, pas ceux de circonstance. Socialement, sourire est de mise et les femmes ont plus tendance à en user. Avec les hommes, tout se passe plutôt dans le regard.»

A l’écouter, il n’est pas plus facile de photographier un artiste, habitué pourtant à jouer avec son image, que monsieur et madame tout le monde! «Ils sont anxieux dès qu’ils doivent quitter leur rôle.» Avec toutefois une exception, le chanteur Cali. «C’est l’exemple de l’artiste à qui on peut demander n’importe quoi. Il fait confiance, il est généreux, j’ai pu le diriger à ma guise. C’est le seul que j’ai pu emmener dans la douche microscopique du théâtre!»


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