20.05.2017, 00:01  

«La fusion, une suite logique»

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Les représentants des communes et du bureau Compas ont dévoilé les contours du vote hier.
Par Catherine Bürki

JURA BERNOIS - Les citoyens des sept communes seront appelés aux urnes.

Malgré les incessantes gouttes de pluie et la température pour le moins frisquette du jour, l’atmosphère était plutôt chaleureuse au sein de la Maison Chasseral hier.

C’est dans ce lieu symbolique, surplombant le Vallon, que le comité de pilotage (Copil) de la fusion des communes du haut du Vallon de Saint-Imier a tenu à annoncer le passage à une nouvelle étape du projet. A savoir la tenue d’un vote de principe aux urnes le 24 septembre prochain. Un scrutin qui orientera la suite du processus pour les sept communes concernées, soit La Ferrière, Renan, Sonvilier, Saint-Imier, Vil- leret, Cormoret et Courtelary. Mis de côté depuis 2014 au profit d’un développement préalable des collaborations intercommunales, le dossier de la fusion revient donc sur le devant de la scène aujourd’hui. La tenue d’un scrutin de principe marquera même un tournant crucial dans le projet.

Concrètement, les citoyens des sept communes seront en effet appelés à dire s’ils souhaitent ou non se voir proposer un contrat de fusion par la suite. «Si un premier avis positif est exprimé, le comité de pilotage pourrait alors élaborer le projet qui permettrait la création d’une nouvelle entité», explique Richard Habegger, maire de Villeret et président du Copil.

Un projet alors définitif, qui engloberait uniquement les communes ayant donné leur accord lors du vote de principe et serait soumis au corps électoral par la voie des urnes, ceci à l’horizon 2020. «Nous analyserons la suite à donner au processus en fonction du résultat du 24 septembre», précise toutefois Richard Habegger, qui convient que le refus d’une commune centre comme Saint-Imier pourrait changer la donne et réduire l’intérêt d’une fusion.

Ainsi, loin d’être une perte de temps, ce premier scrutin a, aux yeux du Copil, l’avantage de sonder l’intérêt de la population. Une manière de rester prudent, et d’éviter de soumettre d’emblée un projet ne répondant pas aux attentes des citoyens. «Cette façon de procéder, pas à pas, en consultant la population fonctionne généralement plutôt bien», relève Gilles Léchot, du bureau Compas, mandaté pour suivre le projet.

La limite des collaborations

A l’heure de remettre ainsi la fusion sur la table, le Copil se dit convaincu qu’il est temps de franchir le pas. Après avoir joué la carte de la prudence en misant d’abord sur un développement des collaborations, il constate que ces dernières atteignent leurs limites. «Elles fonctionnent bien et ont permis d’aboutir à de beaux projets, mais leur gestion est lourde et difficile», signale Richard Habegger. «La fusion nous apparaît ainsi comme une suite logique.»

Pour les sept exécutifs communaux, tous acquis à la cause, la création d’une nouvelle entité de 10 500 habitants aurait alors de nombreux avantages. «Il s’agirait de la plus grande commune du Jura bernois et de la 16e au niveau du canton de Berne, ce qui lui garantirait une visibilité et un poids important», glisse Richard Habegger.

D’avis du Copil, un regroupement permettrait aussi d’améliorer la gestion des finances communales, de développer les prestations à la population, de palier à la difficulté de recruter du personnel politique ou encore de faciliter le développement du territoire. Et Andreas Niederhauser, maire de Renan, de noter: «Il faut saisir la chance de créer un projet à notre goût avant que le canton ne nous en impose un.»

Des craintes à venir

Certes convaincus du bien-fondé d’un mariage, les maires se disent néanmoins conscients que certains points sont susceptibles d’engendrer des craintes. A commencer par la quotité d’impôts.

Si un chiffre exact ne peut pas être arrêté avant de connaître les contours précis de la nouvelle entité, Patrick Tanner, maire de Saint-Imier, relève déjà que deux communes risqueraient de voir leur quotité s’élever. Soit la sienne et celle de Villeret. «Il ne faut pas donner un poids surdimensionné à la fiscalité», tempère-t-il toutefois, relevant que le montant ne devrait pas augmenter de manière excessive. «La fusion permettra par ailleurs d’optimiser le fonctionnement des communes ce qui, à long terme, aboutira à des économies financières.»

A chaque village son identité

Enfin, Richard Habegger insiste, lui, sur le maintien de l’identité de chaque localité. «La fusion n’engendrera pas une grande ville, mais une succession de petits villages», promet-il. Et de préciser en outre que le Copil aura à cœur d’impliquer la population dans le processus, notamment en la consultant au moment de choisir le nom de la nouvelle entité ou ses armoiries.


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