06.12.2017, 00:01  

Quatre mots, mais un vrai enjeu théologique

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Les chrétiens devront peut-être modifier leurs habitudes  en récitant le «Notre Père».

 06.12.2017, 00:01   Quatre mots, mais un vrai enjeu théologique

Par sdx

ÉGLISES CHRÉTIENNES Faut-il changer un passage du «Notre Père» pour une question de traduction?

Ce n’est qu’un tout petit bout de phrase. Quatre mots, en tout et pour tout. Mais ce changement de formulation touche le «Notre Père», la prière fondamentale de tous les chrétiens, catholiques, protestants et orthodoxes, celle que Jésus a enseignée à ses disciples.

A partir de Pâques 2018, à la sixième demande de la prière, les fidèles francophones ne devraient...

Ce n’est qu’un tout petit bout de phrase. Quatre mots, en tout et pour tout. Mais ce changement de formulation touche le «Notre Père», la prière fondamentale de tous les chrétiens, catholiques, protestants et orthodoxes, celle que Jésus a enseignée à ses disciples.

A partir de Pâques 2018, à la sixième demande de la prière, les fidèles francophones ne devraient plus dire «ne nous soumets pas à la tentation», mais «ne nous laisse pas entrer en tentation». C’est le résultat d’un travail d’exégèse entamé en 2009, qui a d’abord abouti à la modification du texte de l’Evangile de Matthieu (la traduction du «Notre Père» est un compromis entre les versions de la prière livrées par les évangélistes Luc et Matthieu) lu lors des célébrations. C’est désormais la version dite par le célébrant et les fidèles qui devrait changer.

Le Synode se prononcera

Mais est-ce pertinent de changer ce passage? Pour la plupart des Eglises réformées romandes, ce sont les synodes qui devront donner leur aval. Ainsi, ce point figure à l’ordre du jour du Synode de l’Eren (Eglise réformée évangélique neuchâteloise), qui se réunit aujourd’hui à Montmirail, près de Marin. Le Conseil synodal propose d’accepter cette modification, quand bien même l’impulsion vient de la seule Eglise catholique romaine.

En 1966, lorsqu’a été élaborée une traduction commune de la prière dominicale, il s’agissait au contraire d’une vraie démarche œcuménique. «Après des siècles de division, la prière donnée par Jésus à ses disciples pouvait être dite d’une seule voix, devenant symbole d’un chemin d’unité possible», souligne le Conseil synodal neuchâtelois. C’est un fait, souligne l’Eren, les Eglises réformées n’ont pas été consultées en amont et insuffisamment sollicitées dans un travail en commun. Pour autant, ce n’est pas un motif de refus.

Pour Pâques 2018

Car l’enjeu reste œcuménique. Et la Conférence des évêques suisses, qui avait décidé de l’introduction de la nouvelle formulation au premier dimanche de l’Avent 2017 (soit dimanche dernier), a accepté, à la demande des Eglises protestantes, de la repousser à Pâques 2018.

Reste une question, une seule. Sur quoi repose ce changement imposé à un texte que de nombreux chrétiens ont appris dès l’enfance?

Tout simplement (si l’on peut dire) sur la difficulté de traduire le verbe grec figurant dans le texte original. Traduction littérale? Interprétation? L’homme n’est-il que le jouet de la volonté divine ou bien, notion plus contemporaine, sa responsabilité propre a-t-elle un rôle à jouer?

Quatre mots, un petit bout de phrase, mais qui témoignent d’un vrai débat théologique. sdx


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