16.08.2017, 12:15  

Myrianne von Büren dévoile l'urbanisme horloger en deux heures chrono

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Myrianne von Büren emmène les visiteurs au sommet de la tour Espacité pour admirer la ville en damier

 16.08.2017, 12:15   Myrianne von Büren dévoile l'urbanisme horloger en deux heures chrono

Dans la peau de… Myrianne von Büren est guide du patrimoine dans les Montagnes neuchâteloises depuis 2006. L’Art nouveau, Le Corbusier sont autant de domaines qu’elle défriche pour les visiteurs. Nous l’avons accompagnée lors d’une visite guidée, consacrée à l’urbanisme horloger de La Chaux-de-Fonds.

Myrianne von Büren nous donne rendez-vous à l’«Euh». «Euh»? L’Espace de l’urbanisme horloger de La Chaux-de-Fonds. Chaque dimanche à 14h, c’est le point de départ des visites guidées de Tourisme neuchâtelois sur le thème de l’urbanisme horloger. Développé pour l’industrie, cet urbanisme est si particulier qu’il a été inscrit, avec celui du Locle, au Patrimoine mondial de l’Unesco.

«Ce n’est pas une conférence. Vous pouvez me poser des questions», lance Myrianne von Büren, ce deuxième dimanche d’août, à Rebekka et Jonas, un couple...

Myrianne von Büren nous donne rendez-vous à l’«Euh». «Euh»? L’Espace de l’urbanisme horloger de La Chaux-de-Fonds. Chaque dimanche à 14h, c’est le point de départ des visites guidées de Tourisme neuchâtelois sur le thème de l’urbanisme horloger. Développé pour l’industrie, cet urbanisme est si particulier qu’il a été inscrit, avec celui du Locle, au Patrimoine mondial de l’Unesco.

«Ce n’est pas une conférence. Vous pouvez me poser des questions», lance Myrianne von Büren, ce deuxième dimanche d’août, à Rebekka et Jonas, un couple de Biennois. A pied et en deux heures, la visite se fera en schwytzertütsch, dialecte que la guide maîtrise. Assistant-guide d’un jour, je me contenterai de suivre les explications et, avec mon allemand balbutiant, d’apporter quelques précisions si nécessaire.

Le couple n’a pas choisi cette balade par hasard. Jonas, étudiant à l’EPFL, prépare un master d’architecture sur le sujet. Durant tout le trajet, il ne cesse de prendre des photos. «C’est rare qu’il y ait des gens qui fassent vraiment un travail, des photographies autres que touristiques», commente Myrianne von Büren.

Photo: Richard Leuenberger

Trois thématiques

Passionnée d’histoire locale, formée par des spécialistes de la place – «nous avons été examinés de manière critique et amicale» –, celle-ci officie comme guide du patrimoine depuis 2006. Cette année-là, La Chaux-de-Fonds a célébré le centenaire de l’émergence de l’Art nouveau sur le plan régional, développement entraîné par l’Ecole d’arts. «Il y a eu un rush. Les visites ont été souvent doublées. C’était extrêmement encourageant. Les gens ont envie de connaître cette ville. Des Chaux-de-Fonniers d’abord», relève Myrianne von Büren.

Aujourd’hui, les thématiques de l’urbanisme horloger et de Le Corbusier ont enrichi l’offre. «L’Unesco est un levier pour attirer du monde, susciter la curiosité. En général, l’intérêt vient avec les explications», confie la guide.

Entre locaux et touristes, le panel de visiteurs est «assez panaché. Nous avons quand même souvent des gens de France voisine, de Suisse alémanique. La ville intrigue beaucoup. Mon job, c’est de la dévoiler. J’essaye d’être le plus concret possible. J’ai énormément lu. Et si quelqu’un a davantage d’informations, je le laisse expliquer», poursuit-elle. En général, le public fait preuve d’attention et d’intérêt. «Une seule fois, on m’a dit: ‘J’en ai assez entendu.’ Il faut dire qu’il pleuvait à verse.»

Plus beau souvenir

Le meilleur souvenir? Une visite Art nouveau, passage à l’ancien crématoire inclus, avec un couple d’Allemands et leur fils de 5 ans, Thomas. Pour le faire patienter, la guide lui a offert un micros, la loupe de l’horloger. «Il a sorti de sa poche un caillou qu’il avait ramassé durant ses vacances en Suisse et me l’a donné. Ça m’a beaucoup touché.» Myrianne von Büren le garde toujours précieusement dans le sac qui l’accompagne lors des visites.

Retour à la balade dominicale. «Par chance, il y a seulement deux personnes.» Un passage à Espacité s’impose. La vue depuis le sommet de la tour est incontournable. Elle permet d’apprécier le développement de la ville en damier. «A l’origine, Espacité n’était pas prévue pour le tourisme», rappelle-t-elle. «Ça nous a énormément amené.» 

Photo: Richard Leuenberger

«Avec le toit gris clair»

Depuis la coursive, Jonas tente de repérer la Maison blanche de Le Corbusier au nord. «Celle avec le toit gris clair», lui indique la guide. Elle connaît d’ailleurs bien l’endroit: elle en gère le secrétariat.

Le groupe retrouve le plancher des vaches. Visites de cages d’escalier décorées, présentation de quelques personnages illustres, de bâtiments emblématiques et passage aux abords d’anciennes manufactures horlogères sont synonymes de bien des découvertes pour le couple.

Un peu d'histoire

La guide leur dévoile l’urbanisme horloger «dans le sens chronologique. J’aime bien montrer la structure qu’il y a derrière. On peut le faire de 1000 manières.» Les premiers habitants, l’absence de rivière, l’incendie de 1794, le plan Junod, le développement de la cité, le système de l’établissage horloger, l’arrivée de l’eau courante en 1887: la visite se fait d’est en ouest pour coller à la réalité historique.

Afin d’appuyer son propos, elle se sert de photographies anciennes, de plans, de fournitures horlogères. Au final, elle dévoile la première montre qu’elle a reçue de son père à l’âge de 4 ans, une Rotary. Cette pièce minuscule, qui renferme un mouvement mécanique, illustre le savoir-faire local.

La visite s’achève. Le couple est convaincu. Jonas reviendra creuser le sujet. «Et si vous voulez visiter la Maison blanche, téléphonez! Dites seulement: ‘C’est Jonas’», lui lance Myrianne von Büren.

Photo: Richard Leuenberger 

L'urbansme horloger fait l'objet d'une série de vidéos. Les clips vidéo ont été réalisés par les élèves de l'Ecole d'arts appliqués de La Chaux-de-Fonds. Découvrez notre sélection.

 


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