06.12.2017, 00:01  

Les fâchés marchent sur le Château

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 06.12.2017, 00:01   Les fâchés marchent sur le Château

PROGRAMME DE LÉGISLATURE Assommés par les annonces de coupes budgétaires prévues dans les prochaines années par le Conseil d’Etat neuchâtelois, divers milieux donnent de la voix.

Ils sont eux aussi venus dire aux députés ce qu’ils pensaient des mesures gouvernementales. Mais les assistants sociaux n’attendent pas de miracle du Parlement: le Grand Conseil n’aura pas directement à se prononcer sur les normes d’aide sociale qui ont encore récemment été modifiées à la baisse dans le canton.

Parmi les agents de l’Etat qui prennent en charge les...

Ils sont eux aussi venus dire aux députés ce qu’ils pensaient des mesures gouvernementales. Mais les assistants sociaux n’attendent pas de miracle du Parlement: le Grand Conseil n’aura pas directement à se prononcer sur les normes d’aide sociale qui ont encore récemment été modifiées à la baisse dans le canton.

Parmi les agents de l’Etat qui prennent en charge les plus fragiles, Julien Binggely. Ce responsable adjoint d’un guichet social régional dénonce les mesures qui se succèdent pour réduire les prestations de l’aide sociale.

Alors que la nuit est tombée sur le Château, il n’est pas mécontent que les orthophonistes, qui viennent d’apprendre la mesure drastique envisagée par le canton (voir ci-dessous), aient rejoint la mobilisation.

Il est là, avec plusieurs dizaines de ses collègues, pour défendre les bénéficiaires de l’aide sociale: «On les prive peu à peu de leurs moyens d’existence. Il en résultera des atteintes dans leur Santé, car ils feront moins appel aux médecins et s’alimenteront moins bien... Nous craignons aussi un risque accru de violence.»

Dans un discours tenu face à la foule, le travailleur social dénonce: «Depuis 2014, le Conseil d’Etat attaque l’aide sociale de manière ininterrompue et le rythme des coupes s’accélère avec une brutalité inouïe. (...) Notre combat d’aujourd’hui dépasse le cadre de l’aide sociale et doit être relié à la défense du service public», déclare Julien Binggely.

Archéologues en eaux troubles

Alors que l’Ecole de Musique jouait des cordes dans la cour du Château, quelques collaborateurs du Service d’archéologie se sont mêlés à la foule. C’est que l’archéologie est, elle aussi, concernée par les mesures du programme de législature: le redimensionnement de l’Office du patrimoine et de l’archéologie (Opan) doit permettre de réduire les dépenses annuelles de 700 000 francs, dès 2020. Sonia Wüthrich, archéologue cantonale, indique que certains de ses collaborateurs se sont rendus sur place, rendant ainsi visible le service, visé par une mesure «qui aurait pu passer inaperçue dans la liste issue du programme de législature». Pour elle, les économies prévues «se solderont par des réductions d’effectifs». Difficile d’être plus précis pour l’instant. «L’Opan ne travaille pas seul, mais en partenariat avec la Confédération, des universités et des associations.» La responsabilité du Canton dans la sauvegarde du patrimoine archéologique, et notamment des sites palafitiques classés par l’Unesco, «nécessitera de trouver des solutions pour continuer à mener les missions d’entretien, de surveillance et de sauvegarde des sites».

L’Opan poursuit des missions pédagogiques, d’information et de promotion des recherches archéologiques, avec le Laténium. Il assure également le suivi des plans d’aménagement du territoire et des permis de construire, à même de garantir que les sites archéologiques soient préservés, ou si c’est impossible, fouillés. Les conséquences d’éventuelles réductions de personnel restent donc à établir.

Orthophonistes choqués

«Nous travaillons depuis des années avec le gouvernement pour réformer, rationnaliser, améliorer l’organisation des prestations d’orthophonie. Certains d’entre nous ont participé à des groupes de travail cet été encore. Autant dire que la coupe de 25% du budget nous a pris de court.» Aline Felber, présidente de l’Association romande des logopédistes diplômés, section Neuchâtel, se dit «choquée» lorsqu’elle arrive au Château hier pour accueillir les députés à leur sortie de séance.

Comme ses collègues, elle a appris vendredi l’intention «brutale et incompréhensible» de supprimer 2 millions de francs sur 7,5 dans le budget consacré à l’orthophonie dès 2021. «Sans prise en charge adaptée, les enfants en difficulté aujourd’hui ont plus de risques de dépendre de l’Etat demain», dénonce-t-elle. L’association considère en outre que les statistiques qui montrent un usage supérieur de la logopédie à Neuchâtel, en comparaison avec d’autres cantons, sont mal interprétées.

rappel des faits

Après l’annonce choc, vendredi dernier, des 40 mesures que le gouvernement propose pour assainir les finances cantonales au cours des quatre prochaines années, les professionnels touchés se mobilisent. Différents groupes ont profité de la session parlementaire consacrée au budget pour faire entendre leur voix au Château.


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