21.04.2017, 00:01  

«J’apprécie très peu l’attitude du PDC, le PLR n’est pas juste un marchepied»

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L’entente entre les libéraux-radicaux et les démocrates-chrétiens était encore au beau fixe le 2 avril dernier lors des élections cantonales (en photo, les PDC Vincent et François Pahud entourés de militants PLR). Aujourd’hui, pourtant, le torchon brûle entre les deux partis neuchâtelois.

GRAND CONSEIL - Le président des libéraux-radicaux fâché par l’alliance entre le PDC et les Vert’libéraux.

«Nous sommes extrêmement déçus de l’attitude du PDC à notre égard.» Damien Humbert-Droz, le président du Parti libéral-radical neuchâtelois, qui ne briguera pas un nouveau mandat (lire ci-dessous), ne cache pas son amertume face à la décision du PDC de ne plus faire partie du groupe PLR au Grand Conseil lors de la prochaine législature. «Nous avions établi une relation de confiance entre nos deux partis, mais, visiblement, le PDC montre peu de respect à l’égard de ceux qui lui ont permis d’entrer au Grand Conseil grâce à la force de l’apparentement. Le PLR n’est pas juste un marchepied!» Dans un communiqué, le PDC et les Vert’libéraux neuchâtelois (PVL) ont en effet annoncé hier qu’ils constitueront un groupe commun au Grand Conseil, qui se voudra indépendant des blocs de gauche et de droite et «opposé à tout dogmatisme partisan».

Pourquoi le PDC a-t-il pris le risque de se brouiller avec le PLR? Quelles sont les raisons de cette nouvelle alliance entre PDC et Vert’libéraux?

«L’élection d’un deuxième député PDC au Grand Conseil a conduit le parti à un nouveau positionnement», explique Freddy Rumo, porte-parole de la formation centriste. Le PDC a donc choisi, dans un premier temps sans concertation, la voie de l’indépendance, «loin du manichéisme gauche-droite». Il a ensuite accepté l’appel du pied des Vert’libéraux de former un groupe commun, constitué des deux députés PDC et des quatre élus PVL. «Le PDC partage des valeurs communes avec les Vert’libéraux. C’est aussi une question de visibilité: si notre parti veut continuer à se développer, il ne peut pas se fondre dans le groupe PLR.»

En perdant un siège au Grand Conseil lors des élections du 2 avril, les Vert’libéraux se sont retrouvés à quatre élus, un nombre insuffisant pour former un groupe au sein du parlement: «Le canton devra faire face à des défis considérables. Il était impensable que sept députés, à savoir quatre Vert’libéraux, deux PDC et l’ex-UDC Xavier Challandes, entrent dans une législature aussi importante sans être affiliés à un groupe», analyse Mauro Moruzzi, président des Vert’libéraux. En effet, former un groupe permet de participer aux séances du bureau, qui prépare les sessions: «C’est primordial pour le bon fonctionnement des institutions», estime Mauro Moruzzi.

Mais le nouveau groupe Vert’libéral-PDC, avec ses six députés, ne pourra pas nécessairement siéger dans les différentes commissions parlementaires, composées sur la base de la représentation proportionnelle. Pour accéder aux grandes commissions de 15 membres, le groupe devrait compter au moins huit députés. Intégrer l’ancien UDC Xavier Challandes dans le groupe du centre serait «techniquement faisable s’il était accepté à l’unanimité», explique Mauro Moruzzi, mais ne suffirait pas pour obtenir d’office l’accès aux commissions.

Le président des Vert’libéraux a toutefois bon espoir de pouvoir continuer à être invité dans certaines commissions, comme observateur: «L’essentiel, c’est que l’on puisse participer aux travaux. Ne pas voter en commission n’est pas si pénalisant: au final, c’est le Grand Conseil qui tranche en plénum.»

Les rapports entre le PDC et les Vert’libéraux ont été définis dans une charte, qui prévoit une «une concertation permanente, tout en garantissant l’autonomie de chaque parti et la liberté d’opinion de chacun de ses membres.»

Le groupe centriste souhaite «faciliter la recherche de solutions constructives et non dogmatiques, dans la continuité du travail accompli par le groupe vert’libéral au cours de la législature qui s’achève».

Conservera-t-il vraiment son rôle d’arbitre, dans un parlement où forces de gauche et de droite sont pratiquement à l’équilibre? «Ce groupe aura un rôle nettement moins important qu’avant», réagit la présidente des Verts, Céline Vara. «A un siège près, il nous suffira de convaincre une ou deux personnes à droite pour avoir une majorité.»

Les verts tout seuls?

Et si les Verts neuchâtelois, qui sont passés de 12 à 17 sièges lors des élections cantonales, faisaient voler en éclats le groupe popvertsol au Grand Conseil, en décidant de siéger seuls? Ce scénario pourrait devenir réalité: les députés Verts fraîchement élus se réunissent ce soir pour déterminer la future configuration de leur groupe parlementaire. «Nous devrons étudier quatre possibilités», indique la présidente des Verts, Céline Vara.

«Soit les Verts poursuivent leur collaboration avec le POP et Solidarités, soit ils continuent uniquement avec Solidarités, soit ils constituent un groupe à eux seuls, soit ils partent avec l’indépendant Xavier Challandes.» Contacté, Xavier Challandes n’a pas souhaité s’exprimer pour l’instant sur son avenir politique.

Quant à la question de l’éclatement du groupe popvertsol, elle se pose «parce que le POP a choisi de ne pas s’apparenter avec le reste de la gauche lors des élections cantonales», regrette Céline Vara.


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