20.05.2017, 00:01  

Editeur condamné pour avoir insulté un auteur

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Le livre est paru finalement  aux éditions Mon Village.

JUSTICE - Après le refus d’un manuscrit, le ton est monté et a abouti au dépôt de deux plaintes.

L’écrivain lausannois Olivier Racine, «aventurier, farceur et grand voyageur aux 400 coups», comme nous l’écrivions dans ces colonnes (nos éditions du 16 janvier 2016) vient de gagner un procès pour atteinte à l’honneur contre un éditeur neuchâtelois.

A l’automne 2015, il cherchait à faire publier le récit incroyable de son...

L’écrivain lausannois Olivier Racine, «aventurier, farceur et grand voyageur aux 400 coups», comme nous l’écrivions dans ces colonnes (nos éditions du 16 janvier 2016) vient de gagner un procès pour atteinte à l’honneur contre un éditeur neuchâtelois.

A l’automne 2015, il cherchait à faire publier le récit incroyable de son aventure en Corée du Nord, trois ans auparavant. Il avait voulu remettre à Kim Jong-un, le timonier de Pyongyang, un méga-Toblerone accompagné d’un morceau de Cervin gravé à son nom. Il prend donc contact avec le patron des éditions du Belvédère, Emmanuel Vandelle.

Ce dernier lui répond un peu sèchement que l’ouvrage ne l’intéresse pas. Mais Olivier Racine n’est pas homme à se contenter d’un simple refus et, doté d’un bagout impressionnant, il insiste vraiment auprès de l’éditeur à coup d’e-mail et de SMS.

Des messages chargés

Et Emmanuel Vandelle n’a pas plus la langue dans sa poche que l’e-mail ou le SMS complaisant. Excédé, il a donc envoyé quelques messages assez chargés à l’auteur, le traitant notamment de «fou», «parasite». «stupide» et «tronche de voyou». Des propos qui ont conduit Olivier Racine à déposer plainte pénale contre l’éditeur, fin 2015, auprès de la justice neuchâteloise pour atteinte à l’honneur.

Le procureur Jean-Paul Ros lui a donné raison dans une ordonnance pénale rendue mercredi dernier. Le patron des éditions du Belvédère a été condamné à une peine de cinq jours-amende à 80 francs avec sursis pendant deux ans et au paiement des frais de la cause.

A la suite de la plainte d’Olivier Racine, Emmanuel Vandelle avait à son tour, en juin 2016, déposé plainte contre l’auteur qui, dans un e-mail, l’avait traité de «con». Le procureur n’est pas entré en matière car la plainte avait été déposée sept mois après l’envoi du message électronique, soit au-delà du délai de trois mois prévu par le code pénal. «De toute façon», explique Olivier Racine, «en Suisse la jurisprudencene reconnaît pas le terme de ‘con’comme attentatoire à l’honneur, cette expression étant sans rapport avec l’honorabilité d’une personne

Contacté hier, Emmanuel Vandelle nous a expliqué ne pas être au courant de la décision du procureur neuchâtelois. «J’attends la notification officielle pour décider des suites à donner à cette affaire. Mais je peux vous dire que cette histoire est complètement ahurissante. J’avais refusé son manuscrit, car j’estimais que ce n’était pas intéressant et il m’a vraiment harcelé pendant des jours par téléphone, par SMS et par e-mail.»

Ce qui est cocasse dans cette histoire, c’est que c’est finalement un ancien associé d’Emmanuel Vandelle, l’éditeur vaudois Jean-Claude Piguet, à Sainte-Croix, qui a publié fin 2015 le livre d’Olivier Racine, aux éditions Mon Village. Nicolas Willemin


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