19.05.2017, 00:01  

Des piétons entravés dans leur marche

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L’exemple le plus choquant rencontré par les enquêteuses d’Actif-trafic: un parking d’entreprise dévorant la totalité du trottoir  rue Alexis-Marie-Piaget.

LA CHAUX-DE-FONDS - L’association écologiste Actif-trafic, fan de mobilité douce, met le doigt sur quelques imperfections à corriger pour améliorer l’expérience des piétons en ville.

Les villes sont-elles conçues pour être agréables aux piétons? Le bipède est-il encouragé à cheminer plutôt qu’à fulminer dans les embouteillages? Bref, quelle est, pour reprendre le terme barbare de l’association Actif-trafic, la «marchabilité» de nos villes?

Les enquêteurs de l’association ont analysé deux parcours dans chacune des trois plus grandes villes romandes. De quoi fournir, sinon une vision...

Les villes sont-elles conçues pour être agréables aux piétons? Le bipède est-il encouragé à cheminer plutôt qu’à fulminer dans les embouteillages? Bref, quelle est, pour reprendre le terme barbare de l’association Actif-trafic, la «marchabilité» de nos villes?

Les enquêteurs de l’association ont analysé deux parcours dans chacune des trois plus grandes villes romandes. De quoi fournir, sinon une vision exhaustive du sort des piétons, un aperçu permettant de «percevoir les défauts les plus criants et les éléments nécessitant le plus rapidement une intervention.»

A La Chaux-de-Fonds, deux parcours ont été soumis au scanner (voir l’infographie ci-dessous): un trajet A de l’hôpital à la gare, un trajet B de la gare à l’hôpital. Andréa von Maltitz, qui vit à Genève, a réalisé cette analyse en compagnie d’une habitante très au fait de ces questions, Marie-Claire Pétremand.

La neige Andréa von Maltitz relève un problème spécifique, la présence de neige qui réduit la place sur les trottoirs.

Handicap Les trottoirs ne sont pas tous aménagés pour faciliter le passage des personnes à mobilité réduite.

Trottoirs L’analyste d’Actif-trafic a été frappée par l’impact du parcage des voitures. C’est particulièrement choquant rue Alexis-Marie-Piaget (ci-dessous: parcours A), note-t-elle. En face des numéros 45 et 47, le parking de l’entreprise obstrue complètement le trottoir: «Les piétons n’ont pas d’autre choix que de passer sur la route!». Le document livré par Actif-trafic insiste d’ailleurs sur cet élément essentiel de la mobilité piétonne: «Les trottoirs trop exigus et des obstacles sur ces derniers (panneaux de publicité, stationnement) sont les raisons essentielles entraînant une mauvaise notation.» L’état général des trottoirs, souvent morcelés, troués, fissurés, frappe aussi l’analyste.

Suffisant Le parcours A (à gauche ci-dessous) remplit les exigences fixées (lire l’encadré «Comment ça marche») à 66%, ce qui ne vaut guère mieux qu’un «suffisant». La note est plombée par une traversée qui occasionne un trop grand détour (angle Stavay-Mollondin - Alexis-Marie-Piaget), le cheminement le long de la rue Alexis-Marie-Piaget et plusieurs arrêts de bus affublés de l’étiquette «insuffisant». C’est le cas notamment de celui de la Citadelle, dont on signale par ailleurs qu’il dessert une école primaire.

Balisage La signalétique en place incite les piétons «à emprunter des trajets agréables et auxquels on ne penserait pas si l’on n’est pas de la ville», et qui, cerise sur le gâteau, «donne une autre image de la ville», analyse Andréa von Maltitz. Le parcours B (à droite ci-dessous) obtient d’ailleurs un très honorable «bon», remplissant à 79% les exigences. L’analyste salue les efforts entrepris par la Ville avec le parcours alternatif proposé aux piétons: «La Chaux-de-Fonds est, des trois villes, celle où l’on note les plus grandes différences entre le trajet «grands axes» (parcours A) et le trajet conseillé» (parcours B). Une vraie alternative, donc.

Autorités Actif-trafic va transmettre son étude aux autorités de la Ville. L’association a bon espoir que cette analyse permettra des améliorations, comme ça a été le cas dans certaines villes de Suisse alémanique. D’autre part, une telle étude peut inspirer certains élus et les pousser à demander des interventions, note encore l’arpenteuse d’Actif-trafic.

Comment ça marche?

Un test de «marchabilité» analyse la qualité des trajets piétonniers sous plusieurs angles. Les tests ont été menés à l’aide d’un catalogue de critères élaborés notamment avec la chercheuse Sonia Lavadinho de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, géographe experte en mobilité et développement territorial.

Un réseau de mobilité piétonne performant devrait remplir les exigences suivantes: dense, sans détours, offrant assez d’espace, sans obstacles, sûr, permettant de s’orienter, agréable, compatible avec les besoins des personnes à mobilité réduite ou entravée (chaise roulante, poussette, jeunes enfants, personnes âgées, etc.) et avec ceux des personnes handicapées de la vue et/ou de l’ouïe.

Quinze et treize fiches

L’étude analyse quatre éléments constitutifs d’un parcours piétonnier: le trajet lui-même, les places, les traversées et les arrêts de transports publics. Chaque élément est analysé sous plusieurs angles. A La Chaux-de-Fonds, le trajet A a fait l’objet de quinze fiches, le trajet B de treize (cartes ci-contre).

Contexte

Actif-trafic, association écologiste qui milite pour les transports durables, a présenté hier une étude sur les trajets piétonniers dans les trois plus grandes villes romandes: Genève, Lausanne et La Chaux-de-Fonds. Dans cette dernière, l’association met en exergue quelques points noirs, mais elle décerne aussi quelques louanges.


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