20.05.2017, 00:01  

Les socialistes espagnols jouent leur survie aux primaires

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Débarqué en octobre2016, Pedro Sanchez pourrait revenir à la tête du PS espagnol demain.

 20.05.2017, 00:01   Les socialistes espagnols jouent leur survie aux primaires

Par Mathieu De Taillac, Le Figaro

POLITIQUE En crise, le PSOE vote demain pour se doter d’un chef et d’une orientation politique contre le gouvernement Rajoy.

Un Parti socialiste pris en tenailles par deux forces nouvelles, l’une à gauche de la gauche, l’autre au centre. Une formation divisée entre ceux prêts à s’entendre à gauche et ceux qui stigmatisent le populisme et préfèrent regarder à droite. Un processus de primaires censé régler l’affaire, mais qui pourrait entraîner l’explosion de la formation. Car gagner les élections...

Un Parti socialiste pris en tenailles par deux forces nouvelles, l’une à gauche de la gauche, l’autre au centre. Une formation divisée entre ceux prêts à s’entendre à gauche et ceux qui stigmatisent le populisme et préfèrent regarder à droite. Un processus de primaires censé régler l’affaire, mais qui pourrait entraîner l’explosion de la formation. Car gagner les élections internes ne garantit pas de tenir le parti. Le scénario infernal du PS français? Non, les paramètres impossibles du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), dont les 190 000 militants doivent élire, demain, leur secrétaire général.

Trois poids lourds sont candidats, dont deux ont des chances réelles de l’emporter. D’un côté, l’ex-secrétaire général Pedro Sánchez, candidat aux élections générales de décembre 2015, puis à celles, anticipées, de juin 2016. Après avoir obtenu coup sur coup les deux plus mauvais résultats de l’histoire du PSOE (22% des votes aux deux scrutins et 90 puis 85 députés sur 350), Pedro Sánchez, pour diriger le pays, s’accrochait à la possibilité d’un pacte avec Podemos (gauche radicale) et les indépendantistes catalans, après avoir constaté l’impossibilité de réconcilier sur son nom Podemos et Ciudadanos (centre).

Le candidat des militants

La direction l’a débarqué en octobre 2016, à l’occasion d’une séance extrêmement tendue du comité fédéral. Une direction collégiale provisoire a pris alors sa succession. Cette commission de gestion a décidé que les députés socialistes s’abstiendraient lors de la session d’investiture de Mariano Rajoy (Parti populaire, PP), permettant de facto au dirigeant conservateur d’entamer un second mandat. Après avoir abandonné son siège de député, Pedro Sánchez se présente depuis comme le candidat des militants face aux opérations de l’appareil.

En face, se présente Susana Díaz, présidente de la région Andalousie et de sa puissante fédération socialiste. Elle gouverne le sud de l’Espagne grâce à un pacte avec Ciudadanos, qui a relégué Podemos dans l’opposition. Susana, comme l’appellent ses partisans et ses détracteurs, dirigea de fait la fronde qui renversa le secrétaire général. Autant dire que l’inimité entre les deux est profonde. Elle bénéficie du soutien des historiques du PSOE – notamment les deux ex-chefs de gouvernements socialistes, Felipe González et José Luis Rodríguez Zapatero – et de fédérations voisines.

Echange d’invectives

Entre les deux, l’ex-président de la région Euskadi – le Pays basque espagnol –, Patxi López, tente d’appeler au rassemblement, sans que personne ne semble l’entendre. La preuve par les chiffres: alors que les candidats devaient présenter les signatures de 5% des militants pour se présenter, Susana Díaz en a rassemblé 59 000, Pedro Sanchez 53 000 et Patxi López seulement 10 000. Au total, 65% des adhérents du PSOE autorisés à voter demain ont déjà exprimé leur préférence, dans cette espèce de sondage grandeur nature.

Le débat télévisé organisé lundi s’est résumé à un échange d’invectives entre Susana Díaz et Pedro Sánchez. La première a reproché au deuxième ses piètres résultats électoraux, tandis que ce dernier accusait sa rivale de l’avoir renversé pour garantir l’investiture de Mariano Rajoy. Seul Patxi López tentait péniblement de dérouler ses propositions, quand il ne jouait pas le rôle du modérateur.

«La différence entre le vainqueur et le deuxième devrait être très faible, dimanche soir», juge Pablo Simón, professeur de sciences politiques à l’université Carlos III de Madrid. «Quelle que soit l’issue du vote, les divisions continueront, car le candidat aux élections générales doit lui aussi être désigné par un processus de primaires.» Alors que Podemos (lire ci-contre) prépare une motion de censure, qu’il ne peut gagner sans l’appui d’un PSOE rassemblé et déterminé, Mariano Rajoy a encore, semble-t-il, quelque temps de répit. Mathieu De Taillac, Le Figaro

Motion de défiance de Podemos contre Rajoy

Le mouvement anti-austérité espagnol Podemos a annoncé, hier, le dépôt d’une motion de défiance à l’encontre du gouvernement dirigé par Mariano Rajoy. Il a reproché à sa formation politique, le Parti populaire, d’être citée dans plusieurs affaires de corruption.

Podemos, qui a recueilli près d’un cinquième des suffrages lors des législatives de 2016, ne compte pas suffisamment de députés pour faire tomber le président du gouvernement espagnol. La motion de défiance sera examinée jeudi prochain. Les socialistes, qui doivent se doter, demain, d’un nouveau dirigeant, ne devraient pas l’approuver.

Plusieurs dizaines de membres du Parti populaire, dont l’ancien ministre de l’Economie et directeur général du FMI, Rodrigo Rato, ont été impliqués dans des scandales de corruption au cours des dernières années. ATS


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