12.10.2017, 00:01  

Former employés et relève pour renforcer les banques

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La Fondation Genève place financière (ici son président, Yves Mirabaud) veut séduire la relève.

 12.10.2017, 00:01   Former employés et relève pour renforcer les banques

Par Rachel Richterich

COMPÉTITIVITÉ - A l’heure où se profilent de nouveaux relais de croissance, la place financière helvétique a choisi de mettre l’accent sur la formation.

Le secteur financier veut séduire la relève. C’est elle qui lui permettra d’être compétitive à l’international, à en croire un sondage publié par l’Association suisse des banquiers: 62% des personnes interrogées estiment que les établissements helvétiques se distinguent de leurs concurrents étrangers grâce à leur service à la clientèle. Un atout, à l’heure de défendre son accès au marché,...

Le secteur financier veut séduire la relève. C’est elle qui lui permettra d’être compétitive à l’international, à en croire un sondage publié par l’Association suisse des banquiers: 62% des personnes interrogées estiment que les établissements helvétiques se distinguent de leurs concurrents étrangers grâce à leur service à la clientèle. Un atout, à l’heure de défendre son accès au marché, tandis que les banques n’écartent toujours pas la possibilité de transférer leurs activités de base à l’étranger, au Luxembourg en particulier, selon l’enquête conjoncturelle de la branche transmis par la Fondation Genève place financière (FGPF). Et une nécessité à l’heure de l’avènement des FinTech, ces nouvelles sociétés alliant finance et technologie. La faîtière de la branche a ainsi placé sa conférence annuelle, donnée cette semaine, sous le signe de la formation. Entretien avec Pascal Besnard, membre du conseil de la fondation.

L’industrie met cette année l’accent sur la formation, faut-il comprendre qu’elle fait face à une pénurie de main-d’œuvre qualifiée?

A Genève, nous avons eu quelques difficultés, ces dernières années, à trouver des apprentis sortant du secondaire. Il y a eu notamment un effet de la crise financière, qui a terni l’image de la finance. Nous y avons dans un premier temps été peu attentifs – il y avait plus urgent à régler. Depuis 2014, la FGPF a lancé des initiatives pour redynamiser l’attrait des métiers de la finance. D’anciens apprentis sont allés à leur rencontre dans les auditoires de plusieurs cycles d’orientation genevois pour présenter leurs activités et animer des ateliers pratiques. Une démarche réalisée avec le soutien du Département de l’instruction publique, qui a rencontré un bon écho.

A côté de cela, nous continuons à développer notre participation à la Cité des métiers, qui a lieu tous les deux ans. Les jeunes y voient la diversité des métiers de la finance et les opportunités de faire carrière: 90% des apprentissages terminés avec succès dans la banque débouchent sur une place de travail fixe, à quoi s’ajoutent des perspectives de grimper dans les échelons. Pourtant, seuls 5% des élèves en fin de scolarité obligatoire choisissent cette filière.

Qu’en est-il des talents de plus de 50 ans qui se retrouvent sur la sellette? On se souvient des déclarations du patron d’UBS, qui prévoyait un quart de suppressions d’emplois dans l’industrie?

C’est là qu’intervient la formation continue. Elle s’est imposée d’elle-même, avec les efforts qu’ont déployés les établissements, ces dernières années, pour s’adapter aux besoins du marché et aux nouvelles contraintes réglementaires. Nous avons mis en place des formations, labellisées par des certifications. Au niveau de la FGPF, nous avons œuvré de concert avec l’Association suisse des banquiers pour instaurer un standard commun, la norme SAQ, une homogénéisation qui garantit aussi une certaine mobilité pour les employés du secteur.

Nous observons aussi que les collaborateurs bénéficient de mises à jour régulières de leurs connaissances, avec une tendance plus marquée pour les formations en ligne, plus courtes et permettant une plus grande adaptabilité. Ils sont ainsi en contact direct avec l’un des défis majeurs qu’aborde la branche depuis quelques années, celle de la numérisation des métiers. Mais dans ce domaine, libre à chaque établissement de travailler sur les aspects qu’il souhaite développer.

Pourtant, selon l’enquête conjoncturelle réalisée par la fondation, parmi les besoins de la place genevoise, la formation n’arrive que loin derrière le lobbying et la communication...

C’est inhérent au rôle de la fondation, qui fait office de porte-voix de la branche auprès des autorités. Voilà pourquoi des thèmes comme l’accès au marché, qui demeure primordial pour la bonne marche des affaires, demeurent en tête de liste des demandes. Mais voilà trois ans que la formation est le troisième axe prioritaire pour la fondation, derrière le lobbying et la communication au grand public. Cette évolution est aussi liée à l’émergence des FinTech, un vecteur d’opportunités à la fois internes et externes. Dans tous les cas de figure, la nouvelle génération de collaborateurs sera plongée dans cette réalité technologique, qui apportera beaucoup à la finance et diversifiera encore davantage les activités et métiers de la banque.

Outre les FinTech, ces formations tiennent-elles compte de relais de croissance comme la finance durable, qui jouit depuis peu d’un élan significatif – investissements en hausse de 39% à 266milliards entre2015 et2016?

Là encore, c’est à l’initiative des établissements. Nombre d’entre eux ont créé des plateformes et des fonds à vocation durable, favorisant des placements dans des entités jugées respectueuses de l’environnement, selon des critères qui sont en cours de standardisation. C’est une piste explorée par nombre d’instituts pour se démarquer de la concurrence étrangère, une opportunité, qui contribue à la diversité de la place financière genevoise et helvétique en général. Au niveau de la fondation, nous saluons l’émergence de cette nouvelle activité et participons à cet effort en soutenant l’association faîtière Sustainable Finance Geneva depuis sa création, en 2008.

Banques intermédiaires et petites plus optimistes

Les acteurs financiers genevois sont confiants pour 2018. C’est ce qui ressort de l’enquête conjoncturelle 2017-2018 de la Fondation Genève place financière (FGPF), présentée mardi. La plupart d’entre eux ont enregistré des résultats et des actifs sous gestion en hausse durant les six premiers mois. Le secteur pourrait en outre augmenter ses effectifs en 2018, rassemblant aujourd’hui 35 600 emplois, un chiffre en baisse de 4% en deux ans.

Globalement, 45% des grandes banques sont optimistes pour l’ensemble de 2017, tandis que les autres catégories s’attendent davantage à une stabilité. Pour 2018, les banques intermédiaires et petites sont un peu plus optimistes que pour 2017. En deux ans, les établissements sont passés de 119 à 104 et les banques employaient, fin juin, 18 341 collaborateurs, en baisse d’environ 500, soit 3%, même si la courbe du chômage est stabilisée. La place financière contribue à 12% du PIB cantonal. RRI - ATS


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